Kering, le géant français du luxe, a récemment dévoilé son plan de relance lors d'une présentation à Florence, visant à restaurer son prestige après des années de difficultés, principalement imputables à la marque iconique Gucci.
Le directeur général, Luca de Meo, a affirmé que Gucci, qui représente environ 40% des ventes annuelles du groupe, est au cœur de cette nouvelle stratégie, surtout après une chute marquée de ses ventes en 2023. D'après des analystes, le désamour pour la marque serait lié à des préoccupations de qualité et une offre trop axée sur le streetwear, perdant ainsi son exclusivité face à d'autres maisons de luxe.
Dans une tentative de redresser la situation, De Meo promet d'augmenter la qualité des produits, affirmant : "Notre priorité est de rendre Gucci à nouveau incontournable". Il souligne que la marque doit être reconnaissable au premier coup d'œil, mais ne doit pas nécessairement se reposer sur la visibilité excessive de son logo.
Pour renforcer ses performances, Kering vise un milliard d'euros de revenus supplémentaires dans la maroquinerie de Gucci d'ici 2030. De Meo insiste sur l'importance de la qualité pour fidéliser les clients : "Les clients remarquent la qualité, ils remarquent la cohérence et ils s’en souviennent".
Au premier trimestre de cette année, Gucci a enregistré une chute de 14% de ses ventes, s'élevant à 1,35 milliard d'euros. En réponse, Kering prévoit d'intensifier ses efforts marketing en Chine, un marché crucial pour l'industrie du luxe, tout en fermant certains points de vente.
Le groupe a déjà fermé 75 boutiques depuis 2025, avec l'objectif de fermer 100 autres en 2026 et autant en 2027. Dans un communiqué, Kering a également fixé un objectif ambitieux : doubler sa marge opérationnelle à moyen terme pour atteindre au moins 22% du chiffre d'affaires, visée qui l'alignerait avec son concurrent LVMH.
"D'ici fin 2028", Kering espère être en phase de croissance renouvelée et durable, consacrant entre 5 et 6% de son chiffre d'affaires au développement durable de ses maisons. Ce repositionnement inclut un suivi attentif de la désirabilité de ses marques, un facteur déterminant dans l'industrie du luxe.
De plus, l'entreprise explore des acquisitions pour renforcer son savoir-faire et sécuriser ses matières premières. Dans cette optique, De Meo a annoncé une prise de participation minoritaire dans le chinois ICCF, connu pour sa marque Icicle.
Cependant, malgré ces annonces, les investisseurs semblent peu convaincus. Peu après la présentation, l’action Kering a chuté de 5% à la Bourse de Paris, témoignant des incertitudes qui entourent cette nouvelle direction.







