Le 16 avril, Arnaud Rousseau a été réélu président de la FNSEA pour un nouveau mandat de trois ans. Ce céréalier de 52 ans, également à la tête du groupe Avril, était le seul candidat lors de cette élection supervisée par le conseil d'administration du principal syndicat agricole français.
Sa réélection, attendue, a été confirmée par les membres nouvellement élus lors du congrès de Caen au début du mois. La stabilité au sein des dirigeants du syndicat est également marquée par la reconduction d'Hervé Lapie en tant que secrétaire général. Sur les 15 membres du bureau, 11 ont vu leur mandat prolongé.
« L'esprit de responsabilité face aux défis qui nous attendent a prévalu », a déclaré Rousseau, mentionnant l'ampleur des « combats à mener » pour les agriculteurs, allant des crises climatiques à l'augmentation des coûts de production liés aux tensions internationales, notamment au Moyen-Orient.
Avec Hervé Lapie, il a affirmé la nécessité de « remettre l’acte de production » au centre des débats, plaidant pour « la souveraineté alimentaire ». Ce sujet revêt une importance d'autant plus pressante à un an des élections présidentielles, alors que la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) commence à se profiler à Bruxelles.
La domination de la FNSEA contestée
Ces dernières années, la position dominante de la FNSEA a été remise en question, en particulier au profit de la Coordination rurale, qui a su séduire certains agriculteurs frustrés par le discours traditionnel de la FNSEA. Un changement de direction que Rousseau prend très au sérieux, surtout dans un contexte où les problématiques agricoles se multiplient.
Malgré une crise agricole persistante, Rousseau a souligné que la FNSEA demeure « l’interlocuteur de référence des pouvoirs publics ». « Nous voulons rappeler à l'État que la FNSEA est organisée, qu'elle continuera à proposer des solutions et à défendre les intérêts des agriculteurs », a-t-il affirmé, promettant une vigilance accrue dans un « contexte géopolitique difficile ».
Sous son mandat, la FNSEA a accentué son plaidoyer en faveur de l'amélioration des « moyens de production », plaidant pour la réintroduction de certains pesticides interdits, un meilleur stockage de l'eau et des facilités d'expansion pour les élevages.
Les débats sur la souveraineté alimentaire et les moyens de soutenir une agriculture durable seront donc cruciaux dans les années à venir. Alors que des voix s'élèvent pour contester les choix actuels, il sera intéressant de suivre l'évolution de la FNSEA et son rôle face aux défis à venir.







