Selon les données du département du Commerce américain, publiées le 14 mai, les Américains ont continué de consommer malgré l'envolée des prix du carburant. Les ventes au détail ont connu une progression de 0,5 % en avril, après une hausse de 1,6 % en mars. Bien que cette tendance soit partiellement liée à la flambée des prix de l'énergie en raison du conflit au Moyen-Orient, d'autres secteurs ont également vu leur chiffre d'affaires augmenter.
Les commerces en ligne, les magasins d'articles de sport, ainsi que les supermarchés, bars et restaurants affichent une croissance, indique une analyse d'ABC News. Les économistes soulignent que les consommateurs américains montrent une capacité à résister à la crise d'Ormuz pour l’instant. Le bond des prix de l'essence, avec une augmentation de 12,3 % en avril, entraîne certes un sursaut inflationniste (3,8 % en avril), mais cela ne semble pas freiner les dépenses dans d'autres secteurs, même si certaines catégories comme l'automobile enregistrent des baisses.
Ce phénomène est en partie expliqué par la hausse des remboursements d'impôts cette année, ainsi que par le relèvement des marchés boursiers, qui a particulièrement bénéficié aux ménages les plus aisés.
Les plus pauvres souffrent
Cependant, cette dynamique ne concerne pas tous les Américains de la même manière. Les ménages à faibles revenus ont commencé à restreindre leurs achats, selon des données de la Bank of America rapportées par Bloomberg. La montée de l'inflation a entraîné une baisse des salaires réels pour ces ménages, suscitant des inquiétudes quant à un ralentissement de la consommation dans les prochaines semaines, ce qui pourrait freiner la croissance économique.
D'un autre côté, l'économie américaine a jusqu'à présent montré une certaine résilience face aux chocs, notamment grâce à une demande soutenue pour les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a récemment déclaré que cette dynamique pourrait maintenir la santé de l'économie.
Au premier trimestre, la croissance est évaluée à 2 % en rythme annualisé, le taux de chômage stagne autour de 4,3 %, et les salaires réels avaient tendance à augmenter. Toutefois, de nombreux économistes mettent en garde contre une fragilité sous-jacente de l'économie américaine, faisant de la crise inflationniste un véritable test qu'elle devra surmonter.







