Dans une récente interview accordée au Figaro, Daniel Kretinsky, principal actionnaire du groupe Casino, a insisté sur la nécessité pour les créanciers de ce distributeur lourdement endetté de se comporter "de manière responsable". Il a demandé à ces créanciers d'accepter la réalité actuelle du groupe et de sa valorisation, qui ne semblent plus soutenables en l'état.
"Nous avons tous investi sur des hypothèses qui se sont avérées loin de la réalité. La valorisation du groupe et le montant de la dette ne sont donc pas soutenables", a déclaré le milliardaire tchèque.
Le groupe Casino, qui englobe des enseignes telles que Monoprix, Franprix et CDiscount, est sous le contrôle de Kretinsky depuis 2024 après une série de pertes. Avec un remboursement prévu de 1,4 milliard d'euros d'ici mars 2027, Kretinsky espère une allègement substantiel de cette dette via un accord anticipé. "Nous devons accepter des pertes financières considérables pour protéger une société qui mérite de prospérer grâce à son modèle économique solide", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, dans le cadre des négociations pour la restructuration de la dette, France Retail Holdings (FRH), majoritairement détenu par Kretinsky, propose d'injecter 500 millions d'euros tout en souhaitant ramener la dette à 900 millions d'euros. Il a également mentionné sa volonté de réduire sa participation actionnariale de 66 % à 51 %.
"Nous sommes prêts à investir des sommes considérables, de plusieurs centaines de millions d'euros, suffisantes pour assurer le futur de Casino", a assuré Kretinsky.
Protéger TotalEnergies des taxes
D'autres inquiétudes ont été soulevées par Kretinsky concernant l'avenir de TotalEnergies. Il a exhorté la France à éviter de taxer les bénéfices réalisés pendant la guerre en Iran.
"Alors que nos principaux concurrents, les États-Unis et la Chine, s'efforcent de renforcer leurs entreprises, nous, nous faisons le choix d'affaiblir nos champions", a-t-il insisté.
Kretinsky a affirmé qu'un Total solide est essentiel pour garantir la sécurité d'approvisionnement en carburants en France. En réponse à un débat politique croissant sur la taxation des super-profits pétroliers, il a souligné que le soutien à TotalEnergies est crucial, d'autant plus que les États-Unis privilégient leurs géants énergétiques.
Dans une transaction clé en avril dernier, TotalEnergies a acquis 50 % d'une activité de production électrique flexible de EPH, dont Kretinsky est également actionnaire, ce qui illustre sa stratégie d'expansion.
"Une stratégie agressive menacerait les intérêts vitaux de la France", a conclu Kretinsky en mentionnant que la majorité des profits de Total proviennent de l'international.







