Avec des températures s'élevant près de 40°C, le défi était de taille. La chaleur a en effet marqué cette semaine de la mode, surtout avec de nombreux défilés organisés en plein air ou dans des bâtiments mal climatisés. Ainsi, les maisons de couture ont multiplié les stratégies pour garantir le bien-être des invités tout en préservant la magie de l'événement.
"J’ai prévu beaucoup plus de tenues pour pouvoir me changer régulièrement," déclare Hao, participant à sa troisième Fashion Week, qu'il qualifie de "la plus chaude".
Segoo Kang, un acheteur japonais, partage son ressenti : "C'est vraiment difficile de se concentrer sur les défilés à cause de la chaleur intense." Des ajustements ont vite été nécessaires.
Parmi les premières initiatives, plusieurs maisons, dont Dior, ont décidé d'avancer leurs horaires pour éviter la chaleur du milieu de journée. Le défilé de Jonathan Anderson pour Dior, ainsi que celui de Rick Owens, ont ainsi eu lieu plus tôt dans la matinée. À la dernière minute, la créatrice Jeanne Friot s'est vue contrainte de déplacer son show vers une autre salle, car la verrière initiale était devenue une véritable étuve.
"Je ne veux pas mourir pour la mode"
Dans les jardins du musée Nissim de Camondo, Dior a mis en place un dispositif anti-canicule impressionnant : des éventails, serviettes humides et délicieuses boissons rafraîchissantes avec de jolis glaçons furent offerts aux invités. De leur côté, chez Egonlab, des pistolets à eau étaient mis à disposition pour arroser le public à la fin du défilé.
Issey Miyake a également pris ses précautions en distribuant des bouteilles d'eau à peine sorties du congélateur, ainsi que des compresses froides, tandis qu'Auralee aspergeait le trottoir pour atténuer la température dans la file d'attente.
"Je ne veux pas mourir pour la mode," assure une Américaine habitant à Paris, prête à abandonner si la chaleur persiste.
Le choix de lieux se révèle aussi crucial : Études Studio, par exemple, est parvenue à choisir une galerie souterraine bien plus fraîche que d'autres espaces. "C'était une chance", reconnaissent Aurélien Arbet et Jérémie Egry, les directeurs artistiques de la maison.
La mode prend ainsi conscience des défis posés par ces vagues de chaleur. Les créateurs se tournent vers des matières plus légères et adaptées au climat, avec des tissus fluides comme le lin ou le coton biologique.
À l'approche de la semaine de Haute Couture Automne-Hiver 2026-2027, prévue du 6 au 9 juillet, l'industrie de la mode doit tirer les leçons de cette canicule pour garantir du confort, et surtout, continuer à célébrer la créativité sans mettre en péril la santé des créateurs et spectateurs.







