Le Nation Media Group (NMG) Uganda, l’un des principaux groupes de presse en Ouganda, alerte sur une situation critique. Depuis le 28 juin, les locaux de ce média sont encerclés par l'armée. Le chef d'état-major, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, a ordonné la fermeture de deux des plus grands médias du pays.
Le raid s'est produit à une heure du matin, plongeant le secteur médiatique dans l'incertitude. Le Daily Monitor et NTV Uganda, tous deux propriété de NMG, ont été ciblés, suscitant des inquiétudes croissantes au sein de la communauté internationale.
Le Daily Monitor rapporte que l'armée a déployé de nombreux soldats dans ses locaux de Namuwongo à Kampala, empêchant l'accès aux journalistes. “Notre siège est devenu inaccessible, entraînant des coupures d'électricité et perturbant notre fonctionnement,” ont déclaré les responsables du groupe, soulignant l'impact dévastateur de cette opération militaire.
Une répression débridée
Muhoozi Kainerugaba, qui semble vouloir renforcer son emprise sur le pouvoir, a intensifié les arrestations de militants et d'opposants politiques, propulsant le pays vers une fermeture radicale des espaces d'expression. Selon The East African, il a déjà qualifié le Daily Monitor de « journal ennemi », dénonçant ainsi la menace que représente cette liberté de la presse pour son pouvoir.
Une répétition troublante des événements de mai 2013, lorsque la police avait perquisitionné les locaux du Daily Monitor, s’opère aujourd’hui sous la pression croissante de l'armée. Les inquiétudes concernant la restriction des libertés sont corroborées par l’expertise d’organisations comme Amnesty International.
“Les mauvaises nouvelles devront être validées”
Les déclarations provocatrices de Kainerugaba sur X, où il a affirmé qu'il ne « croyait pas à la liberté de la presse », soulignent l’escalade de la répression. Il a annoncé que « toute mauvaise nouvelle pour l'Ouganda devra être validée par son bureau avant publication », comme l'a rapporté Al-Jazeera. Cette déclaration témoigne d'une nouvelle ère de contrôle médiatique qui s'annonce menaçante pour l'intégrité de l'information.
Le Conseil de la presse d’Afrique de l’Est (EAPC) a appelé à mettre fin aux hostilités envers les médias, citant que ces fermetures ne sont pas uniquement un problème ougandais, mais révèlent une tendance plus large affectant le journalisme indépendant dans toute la région africaine.
Le classement mondial de la liberté de la presse, par Reporters sans frontières, place l’Ouganda à une inquiétante 143e position sur 180, témoignant de la grave détérioration de l'environnement médiatique dans le pays. Ces événements soulignent l'urgence de défendre le droit à l'information dans des contextes de répression croissante.







