"Nous allons découvrir que la solitude est mortelle", affirme Marine Tondelier. Dans le café "Chez Simone" à Ligueux, en Dordogne, la candidate à la présidentielle a entamé un échange sur le thème de l'isolement en milieu rural, marquant le début d'une campagne "à l'aventure", frappée par une canicule sans précédent.
Dans ce village de 250 âmes, fusionné avec la commune voisine de Sorges, une trentaine d'habitants et de sympathisants écologistes ont partagé leurs préoccupations avec la dirigeante des Écologistes, qui a choisi de faire de la lutte contre l'isolement un axe central de sa campagne.
Les limitations des transports en commun émergent rapidement dans les discussions : les habitants déplorent l'absence de bus dans cette commune sans commerce, située à 20 kilomètres de Périgueux, et la fiabilité décroissante des trains dans une gare voisine.
Claude Fosse, présidente de l'association Langage pluriel, qui gère le café-restaurant-librairie local, observe que "l'isolement est également lié à la honte de ne pas aller bien et à la pauvreté". Son association propose des échanges autour de lectures et d'expositions, brisant ainsi la solitude.
- "Un enjeu sociétal" -
Tondelier souligne que "la solitude et l'isolement constituent un problème sociétal et de santé publique", rappelant qu'un Français sur quatre est touché. Selon l'OMS, le niveau d'isolement équivaut à fumer quinze cigarettes par jour.
Pour elle, les cafés représentent "des espaces cruciaux de solidarité et de sociabilité". Cependant, elle déplore que "80% d'entre eux aient disparu en quelques décennies". Elle propose un "grand plan de sauvegarde" pour ces établissements emblématiques et plaide pour leur inscription au patrimoine immatériel de l'UNESCO.
Devant le bar est garé un van électrique à son effigie : "Le tour de France de Marine Tondelier, 5.000 kilomètres, zéro carbone, 100% terrain". Elle admet que "cela nécessitera de fréquentes recharges", un défi en milieu rural, mais voit cela comme une occasion de rencontrer des gens sur les lieux de recharge.
Surprise agréable : malgré les inquiétudes de son équipe, qui a cartographié les bornes de chargement, elle a effectué sa première journée sans nécessiter de recharge jusqu'à Périgueux.
Partie de Gaillac (Tarn) dimanche matin, Tondelier n'a prévu que 25 étapes à travers la France, pour discuter des services publics, de la santé, des "territoires négligés de la République", de l'écologie et du défi imposé par la canicule.
- "Affolant" -
Au marché d'Issigeac, les producteurs de fromage lui font part de la chute de la production laitière, tandis que les maraîchers redoutent pour leurs abricotiers. Tondelier plaide pour un congé climatique pour les travailleurs affectés par les fortes chaleurs et insiste sur la nécessité d'évaluer le lourd impact humain de cette situation.
Ce n'est pas seulement l'actualité climatique qui préoccupe les villageois : une mère tient à lui montrer sa fille de deux ans, née grâce à une fécondation in vitro, car Tondelier, enceinte de six mois, avait annoncé attendre son "bébé miracle". Elle déclare : "Les femmes avaient besoin d'une voix sur les difficultés de procréation".
Les inquiétudes liées aux tensions sur la gauche se font également entendre. Un homme interpelle : "Que pourrions-nous faire pour réduire le chaos à gauche ?". Tondelier répond : "Les stratégies individualistes de LFI et du PS plongent notre camp dans une spirale de défaite. Si nous échouons, le RN pourrait prendre le pouvoir".







