Un éco-chèque pour redéfinir la mode : une solution durable ou un faux-semblant ?

Découvrez si l'éco-chèque du Haut Commissariat va véritablement aider les consommateurs.
Un éco-chèque pour redéfinir la mode : une solution durable ou un faux-semblant ?

Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a récemment proposé l'instauration d'un éco-chèque de 250 euros par an, destiné à soutenir les Français dans l'achat de vêtements durables fabriqués en Europe. Cette initiative soulève des questions quant à son efficacité réelle face à des problèmes économiques plus profonds, notamment le niveau élevé des prélèvements obligatoires en France.

Dans un document publié cette semaine, le HCP présente ce chèque comme une réponse à la montée de la fast fashion, qui, malgré ses pratiques souvent critiquées, continue de séduire les consommateurs français, notamment en raison de ses prix attractifs. Des marques comme Zara, SHEIN et H&M dominent le marché, captant jusqu'à 40 % des ventes de mode en France, surtout à une époque où l'inflation fragilise les budgets des ménages.

Ce dispositif, inspiré de modèles tels que les chèques vacances ou les titres-restaurant, pourrait permettre aux employés de bénéficier d'une aide financière pour des achats vestimentaires respectueux de l'environnement. Cependant, le HCP semble ignorer les véritables enjeux économiques en dont souffrent les Français, en se concentrant sur une solution d'apparence pratique. Comme l'explique l’économiste Nicolas Marques, directeur de l’institut Molinari, "on aimerait voir davantage d'initiatives qui s'attaquent aux racines du problème, plutôt qu’à des remèdes superficiels".

Les critiques de cette proposition ne manquent pas. Certains experts estiment que ce chèque pourrait rapidement être détourné de son objectif initial, comme en témoigne l'exemple belge, où les éco-chèques ont été utilisés pour acheter des produits qui n’ont rien à voir avec l'écologie. En 2022, le gouvernement belge a même envisagé de supprimer ces éco-chèques en raison d'un usage inapproprié.

Une autre question clé est le financement de l'éco-chèque : le coût serait en partie supporté par les employeurs, tandis qu'une liste précise d'articles éligibles serait définie selon des critères environnementaux. Ces critères seront élaborés par l'ADEME, une autre agence publique, souvent critiquée pour sa méthodologie. Cela soulève des doutes quant à l'efficacité et à la transparence des critères de sélection.

Face à cette complexité, certains pourraient se demander si une simple réduction des prélèvements obligatoires ne serait pas une solution plus directe et efficace pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. À une époque où les défis économiques s'accumulent, le besoin d'une approche stratégique et cohérente devient de plus en plus pressant.

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