Le 14 janvier 2026, la France a pris un tournant décisif en interdisant l'entrée à dix militants du mouvement britannique Raise the Colours. Cette initiative met en lumière l'essor d'un groupe aux idéaux d'extrême droite, dont les actions s'intensifient dans un contexte de tensions croissantes concernant l'immigration.
Dans plusieurs villes anglaises, des drapeaux britannique, écossais et gallois sont désormais omniprésents, installés par des partisans de Raise the Colours dans une offensive lancée depuis août 2025. Ce mouvement, se revendiquant d'un patriotisme affirmé, a rapidement dévoilé des intentions plus sombres, multipliant les actions anti-immigration et suscitant l'inquiétude des autorités françaises.
Les militants, ayant fait l'objet de signalements pour leurs actes de dégradation envers les embarcations utilisées par des migrants pour la traversée de la Manche, sont sous enquête pour "violences aggravées". En septembre dernier, quatre d'entre eux avaient agressé un groupe de migrants à Grand-Fort-Philippe, affirmant que ces derniers n'étaient pas les bienvenus en Angleterre. Selon des informations de l'association Utopia 56, ces actes témoignent d'une préparation évidente à orchestrer un "raid anti-migrants" sur les côtes françaises.
Raise the Colours, initialement perçu comme un simple mouvement patriote, voit ses racines profondément ancrées dans l'extrême droite, soutenu par des figures telles qu'Andy Saxon, qui entretient des liens avec Tommy Robinson, activiste connu pour ses idées islamophobes. Robinson s'est récemment félicité d'une "normalisation" des discours haineux en Grande-Bretagne, ce qui inquiète les oppositionnels et les activistes des droits de l'homme.
Ce phénomène s'accompagne d'un soutien croissant de partis politiques, allant des Conservateurs à des groupes comme Reform UK, d'une démarche qui exacerbe les tensions autour de la question migratoire en plein cœur de l'Europe. Les organisations anti-racistes, comme Hope Not Hate, mettent en garde contre les implications néfastes de ce mouvement, soulignant que l'affichage de drapeaux nationaux, autrefois associé à des événements sportifs, devient désormais un symbole de division plutôt que d'unité.
Des contre-manifestations sont également apparues, illustrant la résistance à la montée de ce nationalisme agressif. Le discours politique au Royaume-Uni devient de plus en plus polarisant, les opinions divergent sur la signification des symboles nationaux, à tel point que certains conseils municipaux ont débattu de leur retrait dans un souci de sécurité publique.
Dans ce contexte, le Premier ministre écossais, John Swinney, cherche à redéfinir le drapeau écossais comme un symbole d'unité, alors que d'autres localités, comme Basildon, continuent de soutenir leur affichage public comme expression de patriotisme. Une dynamique complexe se dessine, alors que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, soutient en partie cette position tout en appelle à garantir la sécurité et le respect de tous dans l'espace public.







