À Rouen, un boulanger affiche fièrement sa galette des rois sans gluten au prix de 18,95 euros. Cette spécialité, bien que savoureuse, suscite la polémique car elle offre un remboursement partiel de 3,91 euros par la Sécurité sociale. Ce montant, considéré insuffisant par certains, soulève des interrogations sur le déficit de cette institution et la légitimité de telles aides, comme l’a rapporté le journal Paris Normandie.
La maladie cœliaque, qui touche environ 1% de la population, se caractérise par une intolérance sévère au gluten, provoquant des douleurs abdominales et des risques de malabsorption. De ce fait, les patients doivent souvent composer avec des coûts alimentaires bien plus élevés, puisque les produits sans gluten peuvent coûter jusqu'à deux fois plus cher que leurs homologues contenant du gluten, comme le signale RTL.
Actuellement, la Sécurité sociale alloue une enveloppe mensuelle de seulement 45 euros pour compenser ces frais, une somme jugée dérisoire par les experts et les patients. Selon le médecin spécialiste Jimmy Mohamed, cette aide devrait être augmentée et le processus de remboursement simplifié pour mieux répondre aux besoins des malades.
Un système de remboursement complexe
Pour bénéficier de cette aide, les patients doivent découper et conserver le code-barres de chaque produit acheté, puis les envoyer via l'application Ameli, en gardant le ticket de caisse comme preuve. Ce système, en plus d'être complexe, est soumis à des contrôles aléatoires, ajoutant une pression supplémentaire sur des personnes déjà vulnérables.
Des rapports indiquent que la négligence d'un régime strict peut entraîner des complications graves, notamment un risque accru de lymphome, ce qui renforce l'urgence d'une révision du système actuel. Les enjeux sont à la fois économiques et sanitaires, et les voix s'élèvent pour demander une revalorisation des remboursements afin de garantir une meilleure qualité de vie aux personnes atteintes.
Face à ces réalités, il est essentiel que la discussion sur le remboursement des aliments sans gluten dépasse le cadre de la polémique. Les remarques de Jimmy Mohamed rappellent l'importance d'une aide adaptée et accessible, notamment pour les malades, qui ne sont pas des privilégiés, mais ceux qui luttent au quotidien pour leur santé.







