Le terminal méthanier flottant, le Cape Ann, a quitté le port du Havre le 21 janvier 2026, en toute discrétion, peu après l'aube. Ce navire, qui avait fait son entrée dans le port en septembre 2023, avait suscité de vives controverses liées à sa sécurité et à son impact environnemental.
L'arrivée du Cap Ann s'inscrivait dans le cadre de la sécurisation des approvisionnements en gaz, essentielle dans le contexte de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, qui a conduit à un boycott du gaz russe. Toutefois, plusieurs associations, dont Greenpeace, ont souligné les dangers que ce navire représentait, un point de vue largement relayé par la presse locale. Des militants avaient même tenté d'entraver son passage lors de son arrivée, dénonçant les risques associés à son exploitation.
Le 16 octobre 2025, le tribunal administratif de Rouen a contraint TotalEnergies, l'armateur, à démanteler le navire avant la fin de l'année, le jugeant désormais superflu face à un apaisement des craintes de pénurie. TotalEnergies a rapidement réagi en confirmant que le Cap Ann ne recevait plus de livraisons de gaz depuis plusieurs mois.
Des recours multiples et des actions engagées
Depuis son installation, le Cap Ann a fait face à au moins quatre recours juridiques de la part d'organisations environnementales, la plupart ayant été rejetés. Ce terminal, conçu pour la regazéification du gaz, avait été inauguré dans un climat tendu inquiétant face à la guerre en Ukraine, ce qui avait attiré une forte mobilisation d'associations environnementales locales.
Le départ du Cap Ann, alors qu'il avait amené une augmentation significative de l'activité et des tensions dans le port, ne peut se faire sans un retour sur la somme des actions menées par divers groupes. En mai 2023, des activistes du mouvement Scientifiques en rébellion s'étaient enchaînés à des infrastructures portuaires, soulignant le danger qu'ils estimait représenter la présence du navire. Comme leurs collègues de Greenpeace, ils ont été relaxés après leur arrestation.
Le retrait du Cap Ann reste une page d'histoire révélatrice des tensions entre développement énergétique, sécurité environnementale et contestation citoyenne, alors que le monde se dirige vers des choix énergétiques de plus en plus complexes.







