La préfecture du Cher tire la sonnette d'alarme face au danger potentiel sur un terrain militaire où des milliers de personnes se rassemblent pour une rave-party, prévue pour attirer jusqu'à 30 000 participants. Selon les autorités, ce site représente un risque élevé à cause des "munitions non explosées" qu'il pourrait abriter, mettant en garde les organisateurs : "Ils n’auraient pas pu choisir pire lieu".
Mais que signifie véritablement "munitions non explosées" ? Il s'agit d'engins de guerre qui n'ont pas fonctionné comme prévu, pouvant inclure des bombes, grenades, obus et autres projectiles. Le lieutenant Franz Boquet, responsable du centre de déminage de Metz, détaille : "Nous traitons aussi bien des grenades légères que des obus de plusieurs centaines de kilos, comme ceux découverts récemment à Paris."
Les munitions peuvent rester intactes après un périple en raison d'un dysfonctionnement lors de l'impact, d'un environnement inapproprié ou d'un cran de sécurité non retiré. Toutefois, les mines ne font pas partie de cette catégorie
Une menace omniprésente
Ce constat est particulièrement vrai sur d'anciens théâtres de guerre. Comme l'indique un rapport sénatorial, environ 25% des obus tirés pendant la Première Guerre mondiale dans le nord de la France n'ont jamais explosé. Pour la Seconde Guerre mondiale, environ 550 000 tonnes de bombes ont été larguées, dont 10% sont restées intactes.
"Dans ces zones, les centres de déminage surveillent deux à trois départements, ce qui montre l'ampleur du problème", souligne le lieutenant Boquet. Des terrains militaires tels que celui qui sert aujourd'hui de scène pour cette rave-party sont souvent le lieu d'entraînement à l'utilisation de ce type de munitions. En moyenne, depuis 1945, 700 000 bombes d'aviation et plus de 35 millions d'obus ont été désamorcés en France.
Des conseils essentiels pour la sécurité
Ces munitions, détériorées ou masquées par la végétation, peuvent sembler inoffensives, mais représentent en réalité un danger mortel. Une explosion peut survenir au moindre choc ou chaleur. Il existe également des risques d'intoxication par inhalation de substances chimiques libérées si l'enveloppe de la munition est rompue.
"Notre mission est d'éduquer la population", insiste Franz Boquet. "Il est crucial d’éviter tout contact avec ces munitions et de prévenir les autorités immédiatement en cas de découverte." En cas de repérage, il est recommandé de marquer l'emplacement avec prudence, d'enregistrer les coordonnées GPS et de contacter la mairie ou les services de sécurité sans essayer de déplacer l'objet. Récemment, une situation particulière s'est produite lorsque quelqu'un a transporté un obus trouvé chez lui jusqu'à un commissariat, entraînant son évacuation.







