l'essentiel
Condamné à trente ans de réclusion criminelle en 2018 pour des viols sur mineure, Roland Blaudy sera libéré le 12 mai 2026, provoquant l’indignation de Karine Brunet-Jambu, l'une de ses victimes, qui dénonce une injustice insupportable.
Karine Brunet-Jambu, victime répétée de violences sexuelles dès l’âge de 5 ans, a appris la libération de son agresseur par un courriel de la juge de l’application des peines du tribunal judiciaire de Caen, daté du 29 avril. À présent âgée de 28 ans, elle faisait face à un choc brutal : son bourreau recouvrera sa liberté après seulement huit ans de détention, malgré une peine initiale de trente ans.
"J'étais dans ma voiture, je sortais du travail. Je suis restée sans voix. C'est affreux", a-t-elle confié à Ouest-France.
Une situation inconfortable
Cette libération anticipée a soulevé de vives inquiétudes, en raison d'un mécanisme de confusion de peines. L’agresseur, déjà condamné à plusieurs reprises depuis 1997, n’aura purgé que huit ans de sa peine. Karine l’exprime avec désespoir : "Il a violé plusieurs fois, plusieurs enfants[...] Il sort au bout de huit années seulement après le procès".
La situation soulève des questions d’ordre judiciaire et moral, d’autant plus que Roland Blaudy a été autorisé à s’installer à Rennes, chez son frère, à proximité du lieu de vie de sa victime. La magistrate a reconnu dans sa correspondance, comme le précise France 3 Bretagne, le caractère "inconfortable" de cette décision.
"C'est à moi de déménager pour éviter de le rencontrer ?", s'interroge Karine. "Mon violeur retrouve la liberté et moi je vais devoir me cacher chez moi. C'est cela le message de la justice."
Sa petite fille a 5 ans
Cette affaire, qui a inspiré le film Signalements, met en lumière les défaillances de la justice. L'État a déjà été condamné à plusieurs reprises dans ce dossier, notamment pour "dénis de justice" et "faute lourde". Laurence Brunet-Jambu, la mère de Karine, exprime son indignation sur France 3 : "C'est scandaleux, honteux, horrible, dégueulasse." Elle souligne l’absence d’interdiction de territoire pour l’agresseur qui emménagera dans un quartier que sa fille fréquente pour travailler.
Bien que Roland Blaudy ait l’interdiction d’entretenir des contacts avec Karine pendant quinze ans, cette dernière craint une rencontre imprévue, surtout qu’elle est désormais mère d'une petite fille de 5 ans. "Lui retrouve la liberté. Moi, je vais vivre comme en prison. Ce sera à moi de faire attention", conclut-elle, dépitée.







