Trois agressions physiques en moins d'une semaine viennent de frapper le personnel du centre de détention de Salon-de-Provence, situé dans les Bouches-du-Rhône. Le 17 janvier, un élève surveillant a été attaqué au couteau, suivi de deux nouvelles agressions qui se sont produites ce jeudi et ce vendredi, comme l'indique David Delacourt, secrétaire local du syndicat FO Justice.
"C'est devenu insoutenable, la violence augmente de manière alarmante au sein de cet établissement," souligne-t-il. Contrairement aux idées reçues, l'établissement ne souffre pas de surpopulation carcérale, mais la nature des détenus présente un défi croissant. "Nous accueillons des détenus qui ne devraient pas être à cet endroit, notamment ceux avec des troubles psychiatriques qui nécessitent un cadre de soin différent," précise-t-il.
Des agressions récentes interpellent
La dernière attaque a eu lieu vendredi matin, lorsqu'un détenu, irrité par un rappel à l'ordre pour fumer dans une zone interdite, a violemment frappé un agent d'entretien, causant des inquiétudes majorées chez les personnels. "C'était un geste impulsif, mais il implique une menace constante," regrette David Delacourt.
Le jeudi précédent, un surveillant a également été victime d'un coup de poing en réaction à une opération de sécurité dans le quartier disciplinaire. "Des agents sont souvent confrontés à des situations où ils doivent faire face à l'agressivité des détenus," déclare-t-il.
Un personnel traumatisé par la violence
Le jeune surveillant, victime de l'agression au couteau, a subi une entaille significative au cou. Bien qu'il ait reçu des soins, il ressent un stress post-traumatique qui alerte sur le climat de peur qui niche parmi les employés. "Travailler dans telles conditions est devenu insupportable; chacun redoute de devenir la prochaine cible," confie-t-il.
Pénurie de personnel et manque de soutien
Actuellement, l’établissement est en sous-effectif de 20 postes sur les 136 requis. En réponse à cette crise de sécurité, le Ministre de la Justice a récemment accordé aux surveillants des équipements de protection. Cependant, le syndicat appelle à de plus grandes mesures, notamment l'équipement des personnels avec des pistolets électriques et des caméras piétons.
"Il est impératif d'améliorer les conditions de travail et de sécurité, sinon la situation va s'aggraver," conclut David Delacourt, appelant à une action immédiate pour protéger les personnels, désemparés par cette spirale de violence.







