À quelques jours d'un hommage prévu pour Quentin Deranque, militant nationaliste tué la semaine dernière, la tension monte dans le 7e arrondissement de Lyon. La marche, qui pourrait rassembler entre 2.000 et 3.000 participants, est à la fois un événement de mémoire et une source d'inquiétude pour de nombreux habitants, notamment pour ceux de la communauté LGBTQIA+.
Bérénice, une résidente locale, témoigne : « On s’organise pour ne pas être visibles. » Elle a déjà conseillé à sa compagne de se vêtir de manière plus neutre, anticipant une atmosphère tendue. Des préoccupations similaires sont partagées par plusieurs personnes du quartier, signalant un réel sentiment d'insécurité avant l'événement.
Une soirée LGBTQIA+ annulée suite à des menaces
Les craintes se sont amplifiées quand des groupes d'extrême droite ont menacé de perturber des événements communautaires. Les associations Le Bon Queer et Aimel + ont annoncé l’annulation de leur soirée LGBTQIA+ dans un communiqué : « Pas par manque d’envie ou de courage, mais pour protéger notre communauté contre les violences potentielles. »
De plus, des appels à la prudence circulent, recommandant d'éviter certains endroits du quartier le jour de la marche. Plusieurs personnes ont même signé une pétition demandant l'interdiction de l'événement, qui a rapidement récolté plus de 10.000 signatures.
Réaction des élus et des citoyens
Les maires de Lyon et de l'arrondissement, Grégory Doucet et Fanny Dubot, craignent que la marche ne cause des débordements. « Une marche peut être légitime pour pleurer un proche, mais cette situation prend une tournure préoccupante », a déclaré Dubot. La maire insiste sur le risque que des réseaux externes exacerbent les tensions existantes, mettant en danger la sécurité des quartiers.
Un habitant de la rue où Quentin a été tué partage ce sentiment : « Des milliers de personnes ici, ce pourrait être une catastrophe. » Néanmoins, certaines voix dans le quartier estiment qu'un hommage à la victime est nécessaire, même si cela entraîne un afflux de personnes et de forces de sécurité dans le secteur.
Calme demandé par la famille
La famille de Deranque a également exprimé son désir de paix et a mis en garde contre toute violence politique, réclamant que l’hommage soit un moment de recueillement sans affrontements. Sur France Info, un proche a souligné que « si la justice n’est pas rendue, la colère pourrait tourner à la vengeance ».
Alors que tous les yeux sont rivés sur la préfecture, l’avenir de cette marche reste incertain, et beaucoup dans Lyon espèrent que le calme prévaudra samedi.







