Depuis mardi, Christophe Ellul fait face à la justice pour homicide involontaire par l'agression d'un chien, plus de six ans après le décès d'Elisa Pilarski, enceinte de six mois. Le devenir de Curtis, le chien impliqué dans ce drame, est au cœur des débats.
"Je refuse que la mort d'Elisa et d'Enzo soit vaine," lance-t-il au tribunal correctionnel de Soissons. Cette tragédie est survenue le 16 novembre 2019, lorsque la jeune femme a succombé à des morsures de chien. Aujourd'hui, il conteste les accusations : "Présentez les preuves," implore-t-il. Dans un moment de frustration, il déclare : "Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le, ou sinon je le ferai." Il se demande : "Aurais-je laissé une chance à Curtis ?"
Le sort du chien isolé dans un chenil
Le sort de Curtis, âgé de 8 ans, est désormais suspendu à l'issue de ce procès. Il a été placé dans un chenil en Haute-Garonne depuis la tragédie. La présidente Armelle Radiguet rapporte que Curtis a détruit tous les objets qui lui avaient été remis, ajoutant que "le vétérinaire le voit chaque semaine". Bien qu'il dispose d'un espace de 10 m², Christophe Ellul admet : "Je prenais des nouvelles, mais j'ai fini par arrêter."
Les accusations contre Ellul incluent le dressage illégal de son chien, d'origine néerlandaise, un acte qui soulève de nombreux débats juridiques. "Nous participions à des compétitions canines... c'était notre passion," se remémore-t-il. Cependant, l'expertise vétérinaire indique que Curtis est un pitbull, ce qui est interdit d'importation en France. "J'avais cru que c'était en règle," avoue-t-il, bien que la présidente du tribunal souligne l'absence de contrôle vétérinaire en France.
Un lien profond entre Elisa et Curtis
Curtis était plus qu'un animal de compagnie ; il était "son bébé d'amour," selon Ellul. La mère d'Elisa Pilarski témoigne de l'amour inconditionnel de sa fille pour les animaux, partageant qu'elle était prête à s'arrêter pour un chien au bord de la route. "C'était un peu pénible parfois," confie-t-elle avec un rire nerveux, évoquant son dévouement.
Les détails de leur relation révèlent une complicité unique : "Curtis l'écoutait mieux que moi," raconte-t-il. Malgré son attachement à son chien, Ellul reconnaît un manque de diligence concernant les papiers nécessaires, attribuant cette négligence à la séparation d'avec son ex-femme. "C'était une période difficile pour moi, seul avec mes chiens," conclut-il, alors qu'il fait face à une possible peine de dix ans de prison et une amende de 150 000 euros.
Ce procès soulève un débat crucial sur la responsabilité des propriétaires de chiens et la sécurité animale, comme le souligne la Libération, alors que les experts appellent à davantage de régulations concernant les races considérées comme dangereuses.







