Le vendredi à 12h45, un incendie d'une rapidité incroyable a éclaté au 66 rue de Belleyme, dans un entrepôt de la Société de métaux et chiffons du Sud-Ouest, dirigée par M. Jacques Maillet, employant environ une trentaine de personnes. À l'heure de la pause déjeuner, tout semblait normal, mais la tranquillité fut brisée peu après, quand M. Deltheil, un employé d'un bureau voisin, a donné l'alerte.
Heureusement, la caserne des pompiers se trouvait à moins de 100 mètres. Cela a permis un déploiement rapide des secours, sans lesquels les maisons environnantes, situées dans le quadrilatère formé par la rue Langlois, de Belleyme, Dalon et Courpon, auraient subi de graves dommages.
Les habitants étaient en émoi, voyant les flammes lécher les fenêtres de leurs logements. Les pompiers, sous le commandement du capitaine Priat, ont vaincu le sinistre avec une incroyable détermination.
Lors de l'intervention, sept lances ont été mises en action. Malgré leurs efforts acharnés, le feu a complètement détruit le bâtiment à deux étages, ne laissant que des décombres sur le sol. Au cours de cette opération, un mur de façade s'est effondré, frôlant de près sept pompiers qui se précipitaient à l'abri.
Une stratégie salvatrice
Le vent soufflait assez fort, mais en faveur des pompiers. Sinon, un magasin de torréfaction et deux hangars remplis de charbon et de bois auraient été en danger. Plus de résidents ont dû être évacués par mesure de précaution.
À 13h40, le danger de propagation semblait écarté, mais l'incendie continuait de ronger le sous-sol, bien que d'importantes quantités d'eau aient été utilisées. À ce moment-là, un ingénieur, M. Volette, a demandé à démolir des pierres instables supplémentaires pour prévenir une nouvelle catastrophe.
Un bilan tragique
En fin d'après-midi, alors que la situation semblait sous contrôle, il était évident que le foyer principal persisterait encore plusieurs jours. Le montant des dommages a été estimé à 35 millions de francs, une perte entièrement couverte par l'assurance, mais le traumatisme pour les habitants et les employés demeurait immense.
La nuit et la soirée, des équipes de surveillance sont restées en place pour prévenir toute résurgence du feu. Pour beaucoup, ce jour-là restera gravé dans les mémoires comme une épreuve marquante de l'histoire de Bordeaux.







