Cuba, avec sa population de près de 10 millions d'habitants, n'a pas reçu de pétrole depuis le 9 janvier, suite à l'arrêt des livraisons en provenance du Mexique sous la pression des États-Unis. Cela fait craindre une grave crise énergétique.
Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin, porteur de 730 000 barils de brut, est actuellement en route vers le port de Matanzas, défiant ainsi le blocus américain. Selon MarineTraffic, le navire a traversé les eaux cubaines dimanche soir et devrait arriver mardi.
Une arrivée inattendue
La dernière livraison de pétrole à Cuba remonte à janvier. Le pays se retrouve ainsi à la merci de sa capacité d'importation, la pression de Washington ayant eu des répercussions sur ses approvisionnements. Jorge Piñón, expert en énergie à l’université d’Austin, a souligné que les États-Unis semblaient passifs face à la situation : « Une fois que le navire entre dans les eaux cubaines, son interception devient pratiquement impossible », a-t-il affirmé à l'AFP.
Donald Trump a déclaré que l'envoi de pétrole vers Cuba, qu'il provienne de Russie ou non, n’a aucune importance selon lui. Le New York Times a rapporté que les garde-côtes américains avaient laissé le pétrolier poursuivre son chemin vers l’île. Des sources gouvernementales ont indiqué que, bien que certains relâchements de sanctions aient été observés, l'approvisionnement en hydrocarbures pour Cuba reste interdit.
Conséquences pour Cuba
La situation devient critique pour l'île, qui a perdu son principal fournisseur de pétrole, le Venezuela, suite à des tensions politiques. Depuis janvier, Cuba connaît des pénuries d’électricité majeures, avec des coupures pouvant durer jusqu'à 20 heures. Les Cubains subissent un rationnement sévère et des hausses de prix de carburant.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a décrit les efforts de son gouvernement pour contenir la crise tout en cherchant des alternatives. Parallèlement, le Kremlin a évoqué des discussions concernant un éventuel soutien à Cuba. Les relations entre les deux pays se sont renforcées depuis le début de l’offensive en Ukraine.
Le besoin pressant de carburant
Dès l'arrivée de la cargaison de l'Anatoly Kolodkin, qui a été chargée en Russie, il faudra environ 15 à 20 jours pour le traitement et 5 à 10 jours supplémentaires pour la distribution. Le besoin urgent sur l'île est le gazole, et cette cargaison pourrait être transformée en 250 000 barils de ce produit, suffisant pour une dizaine de jours de consommation.
Le gouvernement devra alors choisir comment allouer ce carburant vital, entre les groupes électrogènes de secours et les moyens de transport nécessaires à l'économie. Encore une fois, ce contexte souligne la vulnérabilité de Cuba face aux tensions géopolitiques et à la dépendance énergétique.







