Julie et Maeva, jeunes officières sociologues, partagent leur expérience unique à bord du célèbre porte-avions Charles de Gaulle. En mission pour la Marine Nationale, elles reviennent sur les défis du huis clos, la promiscuité et la solidarité entre marins.
Alors que le Charles de Gaulle navigue fièrement depuis près de trois décennies, Julie et Maeva, qui n’étaient même pas nées lors de son lancement en 1994, ont eu la chance d’y vivre pendant plusieurs semaines. "C’est impressionnant, c’est le plus grand navire de la Marine Nationale. On a tous l’image de Top Gun avec ses pilotes, c’est un rêve pour les marins d’y mettre les pieds une fois au moins", déclare Julie lors de leur passage dans l’émission Un jour, une vie.
À l'intérieur du géant de 261 mètres de long, qui occupe la taille d'un immeuble de 20 étages, l’arrivée des deux officières est marquée par l’appréhension. "Entrer là-dedans, c’est comme un labyrinthe en métal. Il n’y a pas de lumière naturelle, tout est artificiel. Ce sont des espaces clos et étroits dans ce monstre de métal", explique-t-elle.
Leur mission, axée sur l'étude de la vie des marins, fait écho à une réalité souvent méconnue. Maeva précise : "Nous tentons d’analyser les dynamiques sociales à bord, leurs aspirations et comment elles évoluent." Elles envisagent même de publier un ouvrage qui décrirait ce quotidien à travers une perspective sociologique.
Privées de téléphones, Julie et Maeva découvrent un nouveau mode de vie où sportifs et sociologues doivent se recentrer. "Être déconnectées nous a permis de vivre autrement, loin des distractions numériques. Cela nous permet de nous concentrer sur l’essentiel", confie Julie. Maeva complète : "Des expériences que nous vivons ici n’ont tout simplement pas d’équivalence ailleurs. La communauté se soude d’une façon qu’on ne peut pas expérimenter dans un bureau traditionnel. Ces conditions créent des liens uniques avec chacun."
Les marins ont l'impression de faire un métier complètement banal.
La rythmicité de la vie à bord est variable, comme l’explique Maeva : "Il n'y a pas de journée type. Les horaires varient selon les postes. Chacun prend son tour entre différents emplois du temps de travail, parfois axés sur des détails plus classiques." Les marins peuvent également profiter de temps de loisirs, incluant des jeux vidéo et des soirées entre collègues.
Pour les marins, le quotidien sur le Charles de Gaulle peut sembler banal, malgré son caractère exceptionnel. "Ils finissent par hésiter sur ce qu’ils devraient raconter à leurs proches quand ils appellent", observe Julie. Elle et Maeva, conscientes de la grandeur de leur mission, attendent avec impatience le prochain porte-avions français, le France Libre, prévu pour 2038, et espèrent pouvoir encore témoigner de ces moments inoubliables.







