Le camp de Tessalit, point névralgique du nord du Mali, est désormais sous la coupe des groupes armés après des offensives remarquées le weekend dernier, selon des sources locales et sécuritaires.
Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent, alimentée par les attaques coordonnées des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et par la rébellion du Front de libération de l'Azawad (FLA) ciblant des positions clés de la junte au pouvoir.
Les systèmes de défense maliens ont cédé le contrôle de Tessalit, un lieu stratégique proche de la frontière algérienne, au profit des groupes armés. Des témoins rapportent que l'armée malienne, conjointement avec ses alliés russes, avait déjà abandonné le camp avant même l'assaut, sans que des combats ne soient signalés, a révélé un élu local à l'AFP.
- Un point stratégique majeur -
Ce camp, avec sa grande piste d’atterrissage, est vital car il offre des capacités d’accueil pour des opérations militaires complexes. Des militaires maliens, soutenus par des forces russes, y étaient déployés avec divers matériels, rendant cet emplacement crucial pour les opérations dans la région.
Un officier a déclaré à l'AFP : "Tessalit est la plus ancienne base construite par le colonisateur français. C'est un poste avancé stratégiquement positionné pour surveiller le Sahara dans son ensemble."
La prise de Tessalit fait suite à celle de Kidal, une ville clé, par ces mêmes groupes qui poursuivent leur avancée dans cette région instable. D'autres sources indiquent également la captation du camp Aguelhok, situé à 100 km de Kidal, par les insurgés.
Dans une déclaration forte, les jihadistes du JNIM ont appelé à former un large "front commun" pour mettre un terme à la junte, au pouvoir depuis 2020, en proposant un retour à une transition politique pacifique et inclusive.
En parallèle, les forces jihadistes ont établi un blocus routier sur le chemin de Bamako, fermant plusieurs axes vers la capitale.
Un hommage national a eu lieu au ministre de la Défense, Sadio Camara, tué lors de ces attaques qui ont causé la mort d'au moins 23 personnes, d'après des sources hospitalières. Le général Camara, 47 ans, était un pilier de la junte et était perçu comme l'architecte d'un rapprochement avec la Russie.
Sa disparition représente un coup dur pour un régime déjà affaibli, qui peine désormais à justifier son efficacité face aux menaces grandissantes des groupes armés. Les récents événements soulèvent des doutes sur la capacité de la junte à sécuriser le pays après avoir longtemps évoqué une stratégie de rupture et des partenariats militaires fructueux.
Assimi Goïta a affirmé que la situation était "maîtrisée", bien qu'il admette des moments d'"extrême gravité". Toutefois, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a répondu que "la situation est loin d'être sous contrôle" et a prédit la chute prochaine du régime militaire.
De son côté, Moscou a insisté sur le fait que ses forces resteraient au Mali, rejetant les demandes des rebelles d'un retrait russe du pays.







