Le dissident chinois Dong Guangping, 68 ans, a réalisé une traversée périlleuse de la mer Jaune sur un petit canot pneumatique. Après des années de détention et de surveillance, il a enfin franchi les eaux pour atteindre la Corée du Sud, où il a été placé en centre de rétention.
Le 25 mai dernier, les garde-côtes sud-coréens ont intercepté une embarcation à la dérive près du comté de Taean. À bord, un homme épuisé, Dong Guangping, connu pour son engagement en faveur des droits humains. Il a mis plus de trente heures à traverser la mer dans une expédition aussi audacieuse qu'inhabituelle.
Dong naviguait sur un bateau de seulement 3,3 mètres, avec un moteur de 9,9 chevaux. Alertées par un pêcheur, les autorités sud-coréennes l'ont secouru et placé en détention pour une infraction aux lois sur l’immigration. Selon son avocat, Kim Joo-kwang, il pourrait solliciter l'asile politique.
Évasion à la nage en 2019
Dissident de longue date, Dong Guangping a été ancien policier avant d'être renvoyé pour avoir signé une pétition en hommage aux victimes de Tiananmen. En 2000, il a été condamné pour "incitation à la subversion du pouvoir d'État" et a passé plusieurs années derrière les barreaux. Libéré en 2019, il a vécu sous surveillance constante, sans emploi ni ressources suffisantes.
Frontière de ses efforts, il a tenté de fuir en 2019 en nageant vers l’archipel taïwanais de Kinmen, mais a frôlé la noyade. L’année suivante, un court séjour au Vietnam s'est soldé par une arrestation et son extradition vers la Chine. Son parcours indique combien la vigilance des autorités chinoises peut être rigoureuse.
L'asile politique incertain
Pour cette ultime tentative, Dong a soigneusement planifié sa fuite depuis Weihai, province du Shandong. Selon Sheng Xue, activiste canadienne, Dong était en état de déshydratation extrême et presque inconscient lors de son arrivée en eaux sud-coréennes.
Le 28 mai, un tribunal de Daejeon a rejeté la demande de mandat d’arrêt du parquet sud-coréen, jugeant sa détention "non nécessaire". Toutefois, il doit maintenant être transféré dans un centre de rétention pour étrangers en attendant l'examen de sa situation. Son avenir est Source d'inquiétude : la Corée du Sud accorde rarement l'asile politique, et même des cas précédents de dissidents, comme celui d’un homme arrivé en jet-ski, ont conduit à des expulsions.







