Pour son 80ème anniversaire, Donald Trump s'offre un cadeau personnalisé : un grand spectacle d'arts martiaux mixtes (MMA) dans le jardin de la Maison Blanche, non loin du Bureau Ovale.
Intitulé "UFC Freedom 250", cet événement est décrit comme une célébration sportive et patriotique, coïncidant dans le calendrier avec la date d'anniversaire du président. Certains observateurs y voient une occasion supplémentaire pour Trump de mettre en avant son autorité.
Une soirée à 60 millions de dollars
Un octogone, emblème des combats de MMA, a été spécialement installé sur la pelouse sud de la Maison Blanche, entouré de gradins. Cette installation, futuriste et haute en couleur, a été comparée à la Tour Eiffel par Trump lui-même, laissant entendre qu'elle pourrait rester en place de façon permanente.
Organisée par l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la soirée a un coût total impressionnant de 60 millions de dollars. Selon un porte-parole de la Maison Blanche cité par l’AFP, "l'UFC finance l'événement entièrement, sans utiliser d'argent public".
Les combats mettront en scène certains des meilleurs athlètes internationaux, avec le Français Ciryl Gane affrontant le Brésilien Alex Pereira pour le titre mondial des poids lourds.
Le combat phare opposera l’Espagnol Ilia Topuria à l’Américain Justin Gaethje pour la ceinture des légers.
"Si vous êtes américain, vous allez adorer"
Concernant l'affluence, l’événement ne rassemblera pas les "25.000 à 28.000 personnes" mentionnées initialement, mais 4.500 invités, dont des membres de l'administration et des militaires. De plus, 100.000 spectateurs pourront visionner les combats en direct sur un écran géant dans un parc voisin.
La présence de stars était attendue, mais des personnalités comme Dwayne Johnson et Adam Sandler ont décliné l'invitation, comme le rapporte Vanity Fair.
Dana White, patron de l’UFC et fervent supporter de Trump, a déclaré au magazine Time qu'il dépense des millions pour l’anniversaire des États-Unis. Pour lui, cet événement transcende les affiliations politiques : "Peu m'importe que vous soyez à l'extrême gauche ou à l'extrême droite. Si vous êtes américain, vous allez adorer ce show", a-t-il affirmé à CNN.
Le MMA, métaphore du trumpisme?
Le choix d’accueillir cet événement de MMA au sein même de la Maison Blanche, le jour de l’anniversaire de Trump, peut sembler provocateur.
Le président s'est toujours senti proche du monde du MMA, un sport particulièrement populaire parmi les jeunes hommes blancs, un segment électoral qui a soutenu sa victoire en 2024.
Les combats de MMA, très physiques et brutaux, reflètent la vision directe et compétitive de Trump sur la politique, où il prône la loi du plus fort. Selon Jérôme Viala-Gaudefroy, spécialiste en politique américaine, "il ne s'agit pas simplement de vaincre l'adversaire, mais de le dominer totalement". Cela résonne avec les méthodes politiques de Trump, où il s'est souvent montré fort avec les faibles, mais moins avec les puissants.
Masculinité perdue
Cette soirée met également en lumière une notion de virilité que Trump semble vouloir réhabiliter face à un monde qu'il juge trop influencé par le "wokisme". Récemment, il a été vu à plusieurs reprises complimentant des jeunes hommes sur leur physique, soulignant un besoin de revendiquer une masculinité affirmée.
Sabrina Karim, professeure de sciences politiques à l’université Cornell, souligne que Trump semble en quête d'une virilité qu'il a perdue avec l'âge, cherchant à célébrer une puissance masculine traditionnelle.
Le chercheur met en avant que Trump, en juin 2026, accentue cette rhétorique en favorisant des stéréotypes de genre très ancrés dans la société américaine, ce qui soulève des inquiétudes quant à ses effets sur la légitimation de la violence masculine.
Conflit d'intérêt
L'événement "UFC Freedom 250" est également entouré de controverses financières, alors que les liens entre Trump et l'UFC sont scrutés. Le Public Integrity Project a même déposé une plainte pour tenter d'annuler le gala.
Selon cette ONG, l'événement détournerait des monuments publics pour des intérêts privés, bénéficiant à Trump aussi bien politiquement que financièrement. Trump détient des actions dans une société liée à l'UFC et a récemment mis en vente des objets de collection en rapport avec l'événement.
Jérôme Viala-Gaudefroy résume bien la situation : "Cela fonctionne d’abord comme une fête d’anniversaire présidentielle, couplée à une manœuvre politique et financière".
Face aux critiques, Trump espère que cet événement lui permettra de réécrire sa narrative face aux défis politiques, tant nationaux qu'internationaux, qu'il affronte actuellement.







