Ce week-end, des bombardements israéliens ont frappé le sud et l'est du Liban, coïncidant avec des avertissements d'évacuation émis par Israël pour environ vingt localités, y compris la ville de Nabatiyé, selon l'agence de presse Ani.
Les attaques se poursuivent alors que des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran semblent avancer vers un potentiel accord de paix au Moyen-Orient, incorporant possiblement la situation libanaise.
L'armée israélienne a lancé deux alertes qui touchent 24 localités autour de Nabatiyé, ordonnant à la population de se diriger vers le nord, au-delà du fleuve Zahrani, à environ 40 km de la frontière.
Des détonations ont été entendues dans des zones telles que Kfar Remman, souvent sous bombardement, tandis qu'un photographe de l'AFP a observé une épaisse fumée blanche au-dessus de Kfartebnit, exclue des derniers avertissements.
Par ailleurs, l'armée libanaise, jusqu'à présent discrète dans ce conflit, a rapporté qu'un de ses soldats a été grièvement blessé par un drone israélien, près de la route reliant Kfar Remman à Nabatiyé.
L'Ani a également mentionné des bombardements d'artillerie dans Nabatiyé, une ville pratiquement déserte en ce moment, comme l'a confirmé un correspondant de l'AFP sur place.
Dans une tournure des événements, le Hezbollah a annoncé avoir repoussé une tentative d'intrusion israélienne près de Kfartebnit, ayant tendu une embuscade qui a déclenché un échange de tirs.
La situation s'est aggravée avec des affrontements signalés dans des localités autour de Majdal Zoun, près de la frontière, où le Hezbollah a également revendiqué des attaques contre les forces israéliennes.
Pour sa part, l'armée israélienne a affirmé avoir ciblé plus de 70 infrastructures du Hezbollah au cours des dernières 24 heures et avoir éliminé plusieurs de ses membres.
Parallèlement, dans l'est du Liban, le festival international de Baalbeck, un événement culturel renommé, a été reporté en raison des tensions sécuritaires persistantes, comme l'a indiqué le comité organisateur.
De nouvelles frappes ont été signalées dans ce secteur sans avertissement préalable, renforçant le sentiment d'insécurité.
Le Liban est entré dans le tourbillon du conflit armé le 2 mars, lorsque le Hezbollah a mené une attaque sur le sol israélien en réponse à une offensive israélo-américaine. Ce cycle de violence a engendré des pertes tragiques, comptant plus de 3 700 morts, et la résistance du Hezbollah à l'égard des incursions israéliennes s'est intensifiée.
La question libanaise devient un point crucial dans les négociations américaines et iraniennes visant à mettre fin aux hostilités dans la région. Un haut responsable américain a récemment confirmé que le Liban est inclus dans ces discussions, en réponse aux demandes de Téhéran.
Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette période de "test capital", appelant les Libanais à défendre un État souverain qui contrôle les armes et à ne pas être submergés par la dynamique des milices. De son côté, le député du Hezbollah, Ali Fayyad, a souligné l'importance de saisir toute opportunité pour mettre fin au conflit tout en critiquant la posture d'acquiescement de l'État face aux pressions israéliennes et américaines.







