L'ancien président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, exprime des inquiétudes quant au rejet potentiel d'un projet de loi constitutionnelle visant à reconnaître l'autonomie de la Corse. Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, il souligne que ce refus serait "lourd de conséquences perturbantes".
Selon Simeoni, "Si le Parlement nous ferme la porte ou édulcore le texte, cela remettrait en cause un accord soutenu par une large majorité d'élus de l'île". Le maire de Bastia, qui a récemment démissionné de la présidence du conseil exécutif tout en restant membre de cette instance, craint que cela entraîne une profonde instabilité politique.
Cette initiative, introduite lors d’une commission parlementaire début juin, vise à offrir à la Corse une autonomie en lui permettant d'adapter certaines lois en fonction de ses spécificités. Toutefois, le débat promet d'être vif au sein de l'Assemblée, où les opinions sont fortement divisées, même au sein de la majorité.
Simeoni rappelle que cette réforme clôt un cycle de plus de cinquante années de luttes pour l'autonomie de l'île. "Nous avons traversé des moments de tensions, et notre projet politique a toujours mis l'accent sur l'autonomie", a-t-il déclaré.
"Ces réformes sont essentielles pour mettre fin aux violences qui ont secoué notre île après l'assassinat d'Yvan Colonna".
Initiée sous Gérald Darmanin, ancien ministre de l’Intérieur, à la demande d'Emmanuel Macron, la réforme vise à donner à la Corse la possibilité de légiférer sur certaines questions. "Il est impératif de faire confiance aux élus locaux et de leur permettre d'adapter les lois", souligne Simeoni, qui a rencontré de nombreux parlementaires pour obtenir leur soutien.
Il conclut en insistant sur le fait que tout échec lors de cette procédure serait inquiétant pour l’avenir politique de la Corse. "Nous, nous ne renoncerons pas", affirme-t-il avec fermeté.







