Dans une tournure d'événements qui a suscité des réactions dans le monde entier, des travailleurs humanitaires membres de l’ONG française Terre d’asile, incarcérés en Tunisie, ont été libérés dans la nuit du 5 au 6 janvier. Leur arrestation avait été liée aux accusations de « facilitation de l’entrée illégale et du séjour » de migrants, une situation qui a récemment éveillé l’attention des défenseurs des droits humains.
Sherifa Riahi, l'ancienne directrice de l'association, et plusieurs de ses collègues avaient été derrière les barreaux pendant plus de 20 mois avant de recouvrer la liberté. Le comité de soutien à Riahi a partagé sur les réseaux sociaux une vidéo d’elle à sa sortie, confirmant la libération de tous les détenus concernés.
Mahmoud Daoud Yaacoub, l’avocat de Riahi et membre de son équipe de défense, a indiqué que le tribunal avait prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis pour les accusés, qui étaient jusqu'à présent en détention provisoire. « Demain, nous prendrons connaissance du reste du jugement concernant les accusés en liberté, » a-t-il ajouté. Cette situation a été l'objet de nombreuses discussions, tant sur le plan juridique qu'humain.
Les 23 prévenus incluent également 17 membres du conseil municipal de Sousse, accusés d’avoir prêté leurs locaux à l’association. Avant l’audience, le comité de soutien avait affirmé que toutes les accusations suggérant des activités illégales avaient été levées pendant l’instruction.
Il est important de noter que ces travailleurs humanitaires ont été accusés d’« entente pour héberger ou cacher des personnes entrées clandestinement », une infraction qui pourrait entraîner jusqu’à dix ans de prison. Cependant, leurs avocats soulignent que leur action visait à aider des migrants vulnérables dans le cadre d’un programme approuvé par l’État tunisien, comme le rapportent des sources comme France 24.
Mary Lawlor, rapporteuse des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, a récemment appelé les autorités tunisiennes à « remettre en liberté (Mme Riahi) plutôt que de la poursuivre sur la base d’accusations fallacieuses ».
Les travailleurs humanitaires avaient été appréhendés en mai 2024, un moment où les tensions autour des migrations en Tunisie étaient déjà palpables. En parallèle, ces derniers mois, des milliers de migrants d'Afrique subsaharienne ont été rapatriés, et des histoires tragiques de personnes perdues en mer viennent ajouter à la complexité de la situation migratoire actuelle, comme le souligne le rapport d’Amnesty International.
Ce dénouement marque un tournant essentiel dans le débat sur les droits des migrants en Tunisie, où les politiques migratoires sont de plus en plus contestées. La réaction de la société civile, ainsi que celle des institutions internationales, pourrait avoir des répercussions sur l’évolution future de la politique d’asile et sur le respect des droits humains dans le pays.







