Un navire de guerre russe a récemment rejoint des unités navales chinoises et iraniennes dans les eaux sud-africaines, marquant le début d'un exercice militaire des Brics+ programmé depuis 2025. Prévu initialement, cet exercice, surnommé « Volonté de paix », a été reprogrammé à cause du sommet du G20 à Johannesburg, comme l'a précisé un porte-parole du ministère sud-africain de la Défense.
Les manœuvres, qui se dérouleront jusqu'au 16 janvier, visent à assurer la sécurité du transport maritime. Toutefois, elles font déjà apparaître de vives inquiétudes à Washington, qui voit d'un mauvais œil l'engagement de Pretoria avec des nations souvent désignées comme adversaires américains. L’actualisation géopolitique a fait dire à Priyal Singh, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité de Pretoria, que Washington « a Pretoria dans le collimateur depuis l'administration Trump ». Selon lui, les images de ces exercices pourraient être utilisées pour justifier un durcissement des relations bilatérales.
« Cela n'a absolument rien à voir avec le Venezuela », a insisté un officiel sud-africain, minimisant les spéculations autour du lien entre l'exercice naval et les récents incidents de saisies de navires au large des côtes vénézuéliennes. Le fait que cet exercice ait été planifié longtemps à l'avance, malgré le contexte international tendu, souligne le défi que représente cette alliance pour l'Afrique du Sud sur la scène mondiale.
En parallèle, le parti de centre-droit, l'Alliance démocratique (DA), a exprimé son désaccord avec cette initiative, jugeant que ces exercices militaires compromettent la neutralité de Pretoria et nuisent à sa réputation à l’international. Ils estiment que le choix de s'engager avec des puissances en opposition aux États-Unis pourrait avoir des répercussions sur les soutiens économiques et politiques dont bénéficie l'Afrique du Sud.
Les Émirats arabes unis participeront aussi à ces manœuvres, augmentant encore le poids géopolitique de cet exercice. D'autres pays membres du groupe Brics+, comme l'Indonésie, l'Éthiopie et le Brésil, prévoient d'envoyer des observateurs, témoignant de l'intérêt croissant pour les collaborations militaires au sein de ce bloc. Alors que le monde observe attentivement, ces développements pourraient signaler un tournant significatif dans les relations internationales, tout en redéfinissant les alliances stratégiques au sein des Brics+.







