Dans un contexte de tensions internationales, les pays du Mercosur et l'Union européenne se préparent à signer un traité le 17 janvier au Paraguay, établissant l'une des plus vastes zones de libre-échange mondiale. Cet accord, qui a nécessité 25 ans de négociations, suscite des inquiétudes tant dans le secteur agricole que chez les défenseurs de l'environnement.
En favorisant les échanges, le traité risque d'accroître le fret maritime, reconnu comme une source importante d'émissions de gaz à effet de serre, surpassant même le transport aérien. Un rapport de l'Organisation maritime internationale indique que le secteur maritime est responsable de 3 % des émissions globales de CO2, un chiffre qui pourrait augmenter avec l'augmentation des échanges.
L'élevage bovin et la déforestation : un cercle vicieux
Le nouvel accord offre des quotas de produits tels que le bœuf, la volaille et le soja, des secteurs qui, en Amérique du Sud, sont gravement liés à la déforestation. Selon une étude de l'Institut de recherche environnementale de l'Amazonie, plus de 60 % de la déforestation en Amazonie brésilienne est attribuée à l'élevage. Non seulement cette pratique contribue aux émissions de CO2, mais elle dégrade aussi le rôle essentiel des forêts dans la régulation du climat.
En parallèle, l'accord allège également les droits de douane sur les exportations européennes de voitures, dont beaucoup sont des modèles thermiques à l'approche de leur interdiction dans l'UE. Maxime Combes, économiste au sein du collectif 'Stop Mercosur', dénonce cette incohérence : 'Il y a là un deux poids, deux mesures. Nous rejetons des produits sur notre territoire pour leur impact environnemental, mais les exportons ailleurs sans scrupule.'
Cette double standard soulève des questions cruciales sur la durabilité de ces échanges et leur impact à long terme sur la planète. Une étude de France Nature Environnement note que les accords de libre-échange comme celui-ci pourraient nuire aux engagements internationaux en matière de climat.
À la lumière de ces enjeux, l'accord entre l'UE et le Mercosur ne doit pas seulement être vu comme une opportunité commerciale, mais aussi comme un défi environnemental majeur que les gouvernements doivent maîtriser pour éviter un impact climatique catastrophique.







