Des annonces de femmes cherchant des donneurs s'accumulent sur les groupes Facebook. Face à la lenteur des parcours médicaux légaux, elles préfèrent se tourner vers cette méthode illégale, souvent risquée.
"Bonjour, cherche un donneur dans le Morbihan, couple de femmes, merci de présenter un test VIH." Ce type de message sur des groupes Facebook dédiés démontre l'urgence pour ces femmes. Les annonces présentent souvent des critères précis, allant des caractéristiques physiques aux conditions de don. Cette pratique, bien que risquée, connaît un essor croissant.
En parallèle, le gouvernement français prévoit d'envoyer une lettre aux jeunes adultes pour les sensibiliser aux dons de gamètes, comme rapporté par RTL.
Pour celles qui se lancent, les réseaux sociaux deviennent une alternative au traitement médical légal, qui peut être long et complexe. Laurie*, 32 ans, a partagé son expérience.
Un parcours chaotique pour devenir mère
Engagée dans un parcours de procréation médicalement assistée depuis trois ans, Laurie évoque les difficultés psychologiques liées à l'attente. "Au début, on est motivée, mais cela devient accablant avec le temps," explique-t-elle. C'est à ce moment-là qu'elle découvre les groupes Facebook de dons sauvages. Elle a eu des échanges avec plusieurs donneurs, principalement sur leurs origines et la méthode de don.
Les méthodes varient entre "artisanales" (utilisation de pipettes) et "naturelles" (rapports sexuels). Tout en appréciant la simplicité des échanges sur ces plateformes, Laurie reconnaît les risques encourus. "Il faut avoir l'esprit ouvert. C'est illégal, mais peu de preuves en attestent," dit-elle.
Elle précise cependant qu'elle n'a pas entièrement engagé le processus sur Facebook et envisage une nouvelle tentative avec une méthode légale au printemps prochain.
Une plateforme moderne pour la maternité
Sans chiffres précis, le groupe Facebook le plus actif recensent plus de 6 000 membres. RTL a contacté Philippe, un administrateur de l'une de ces pages. Il a même développé une application pour mettre en relation donneurs et receveuses. Selon ses dires, la France serait le deuxième pays après l'Allemagne à utiliser cette application.
Avec 230 utilisateurs actifs en France, la majorité étant des couples de femmes et des femmes célibataires, la démarche semble plus accessible malgré son illégalité. Philippe compare cette initiative à des plateformes de rencontre, affirmant : "C'est juste un service pour aider à concevoir."
Avis d'experts : les risques à ne pas négliger
Pourtant, cette pratique soulève de sérieux risques. Marine Jeantet, directrice générale de l'agence de biomédecine, exprime ses préoccupations : "Nous faisons face à des femmes en détresse. C'est dangereux et il n'y a aucune garantie concernant la qualité du sperme et le consentement des donneurs." Elle souligne également le fait que les femmes peuvent être exposées à des violences.
Le manque de régulation aggrave la situation, rendant la sécurité des receveuses incertaine. Selon des statistiques de 2024, 10 600 femmes attendent des traitements de PMA en France, alors que seulement 1 079 donneurs sont recensés.







