Dans la charmante commune de Clécy, en Suisse normande, la station-service gérée par la municipalité est un service précieux pour ses 1 300 habitants. Son principe est simple : ne pas chercher à réaliser des bénéfices, mais assurer un approvisionnement fiable, même en ces temps troublés par le conflit au Moyen-Orient.
"Même si le tarif est parfois un peu plus élevé que chez les stations voisines, qui se trouvent à près de 10 km, sa présence est essentielle pour notre quotidien", déclare un résident du village. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la station distribue entre 1 000 et 1 400 litres de carburant par jour, confie Raymond Carville, le maire sortant, qui ne se représente pas lors des élections municipales.
Un équilibre précaire
"Nous faisons face à plusieurs enjeux", expose Raymond Carville. "Notre fournisseur nous a informés qu'il y avait un risque de rupture de stock pour le sans-plomb, et nous avons dû faire face à une augmentation de plus de 20 centimes par litre. Cela complique notre situation pour maintenir un équilibre financier." L’édile assure qu’un ajustement des tarifs était inévitable.
André, un client venu prendre du carburant pour son motoculteur, partage son avis : "La commune gère cela au mieux. Même si les prix augmentent, ils restent raisonnables par rapport aux autres fournisseurs." Pour ce petit village, la station-service est devenue un incontournable de la vie locale.
Le sans-plomb à prix coûtant
La marge appliquée par la commune est minimale, à peine trois à quatre centimes par litre, juste assez pour couvrir les frais opérationnels. Au 12 mars, le sans-plomb était proposé à 2,13 euros le litre et le gazole à 2,02 euros. Cependant, en achetant en grande quantité, la municipalité prend des risques liés à la fluctuation des prix, comme le rapportait récemment Le Parisien.
Contrairement aux stations-service traditionnelles qui passent des commandes fréquentes, Clécy remplit ses réservoirs pour un mois, limitant ainsi sa capacité à s’ajuster rapidement aux variations de prix. "Nous savons que nous risquons de ne pas couvrir nos coûts pour cette livraison, mais nous espérons compenser sur la suivante si la situation s’améliore", conclut le maire. Dans ce climat d’incertitude, la station-service de Clécy continue de faire face avec résilience.







