Mgr Angelo Becciu, ancien conseiller de pape François, se retrouve à nouveau devant la justice du Vatican. Condamné en décembre 2023 à cinq ans et demi d'emprisonnement et à une amende de 8 000 euros, un nouvel procès a été ordonné, dont le début est fixé au 22 juin. Cette décision survient alors que la condamnation initiale demeure en vigueur, comme l'indique la cour d'appel, selon des informations de l'AFP.
Le tribunal a jugé irregularités dans l'utilisation d'un document papal crucial pour le procès. Ce document, connu sous le nom de « Rescriptum », aurait été mal transmis à la défense de Becciu, créant un précédent juridique. Les avocats de Fabrizio Tirabassi, coaccusé de Becciu, ont salué cette décision comme « historique », marquant une première dans l'histoire du Vatican, où un rescrit papal a été déclaré nul à cause de sa non-publication, comme le rapporte le Huffington Post.
Becciu, qui a conservé son titre de cardinal mais a été écarté de toutes ses responsabilités en septembre 2020 suite à un scandale impliquant un investissement immobilier à Londres, n'est pas incarcéré en attente de l'épuisement des recours possibles. Lors de son procès initial, l'achat controversé d'un immeuble de 350 millions d'euros à Chelsea a mis en lumière des pratiques de financement douteuses au sein du Saint-Siège, que le pape François tente de réformer depuis son arrivée en 2013.
Cette affaire a également des ramifications financières notables, le Vatican ayant enregistré une perte de 140 à 190 millions d'euros lors de la revente de l'immeuble. La gestion des fonds de l'Église a été directement remise en question, avec le cardinal Becciu reconnu coupable de détournement de fonds pour avoir transféré 200,5 millions de dollars vers des investissements risqués entre 2013 et 2014.
Alors que le nouvel procès se profile, les enjeux liés à la transparence des finances du Vatican mettent en lumière la complexité de la justice au sein de cette institution. Les observateurs appellent à une vigilance accrue, s'interrogeant sur l'impact de cette situation sur l’image du Vatican à l'échelle internationale.







