Ce lundi 30 mars, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et la ministre de l'Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, rassemblent à la Gare du Nord tous les acteurs du secteur pour la signature d'une charte commune visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports.
"L'objectif est clair : prévenir plus efficacement, mieux identifier les situations à risque, améliorer le soutien aux victimes, et garantir une réponse concrète à chaque signalement", indique le communiqué de presse diffusé par l'agence AFP.
Pour la première fois, l'État, les collectivités, les opérateurs de transport et les associations collaborent afin d'harmoniser des actions jusqu'alors réalisées de manière "parfois disparate", selon le ministère des Transports. Ce développement fait suite à la déclaration d'Aurore Bergé en décembre concernant un plan national contre les violences faites aux femmes dans les transports.
La charte établit plusieurs objectifs clés : d'abord, améliorer la qualification et la quantification de ces violences afin d'objectiver leur ampleur et d'identifier les zones sensibles à l'aide de marches exploratoires. Ensuite, elle propose des solutions concrètes telles que la descente à la demande, le renforcement des dispositifs de signalement - notamment via le numéro 3117 dédié aux agressions dans le réseau francilien - ainsi que le déploiement d'équipes de médiation et de sécurité.
Enfin, il est prévu de renforcer la formation et la sensibilisation des personnels, ainsi que la diffusion régulière d'informations sur ces problématiques.
Lutte contre les violences faites aux femmes
Cette charte sera signée par le Groupement des autorités organisatrices de transport, Régions de France, Île-de-France Mobilités, l'Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) et l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), en collaboration avec des associations dédiées à la lutte contre les violences faites aux femmes.
Avant la signature officielle, Philippe Tabarot et Aurore Bergé, accompagnés du ministre délégué à l'Intérieur Jean-Didier Berger et de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, rencontreront les agents du Centre national de sûreté ferroviaire pour discuter des enjeux liés à la sécurité dans les transports.
Selon une étude de l'Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), en 2024, 3 374 cas de violences sexuelles dans les transports ont été signalés par la police et la gendarmerie, représentant une hausse de 6 % par rapport à 2023 et de 86 % depuis 2016. Les femmes constituent la majorité des victimes, représentant 91 % selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), ce qui souligne la nécessité urgente d'agir.







