Depuis le 27 mars, le campus 5 de l'université de Caen, situé à proximité du CHU, a été officiellement labellisé sans tabac. Ce choix n'est pas anodin, puisque ce bâtiment accueille des formations tournées vers les soins et la santé. Les fumeurs sont désormais invités à s'abstenir de fumer, y compris des cigarettes électroniques, aux abords de cette structure.
Un fumeur sur six étudiants en médecine
Lamri Adoui, président de l'université, précise que cette initiative ne vise pas à restreindre les libertés, mais à promouvoir une évolution nécessaire. Dorénavant, des zones fumeurs seront établies à une distance respectable des entrées. "Le marquage au sol est déjà en place", informe-t-il. Nous mettrons également à disposition des abris pour ceux qui souhaitent fumer. L'objectif n'est pas de stigmatiser, mais de convaincre de l'importance de cesser la consommation de tabac, tant sur le plan individuel que collectif.
Un sondage interne révèle qu'un étudiant en médecine sur six s'adonne à la cigarette, soit plus de 1000 fumeurs parmi les 7000 étudiants des cursus de santé. Le cardiologue Paul Milliez, doyen de l'UFR de Santé, souligne : "C'est une question de santé publique, car ces chiffres demeurent préoccupants". Pour lui, cette initiative est essentielle pour préparer ces futurs soignants à la réalité professionnelle. "Ils seront confrontés à la maladie durant leurs stages, une expérience parfois difficile. Il est crucial de comprendre que le tabac constitue la première cause de décès évitable en France, avec 7 millions de décès dans le monde".
Une décision bien accueillie
Aucune sanction ne sera appliquée aux étudiants ne respectant pas cette nouvelle règle. Lamri Adoui prône un dialogue entre étudiants : "Nous allons élire des relais-santé parmi les étudiants, qui auront pour mission d'expliquer cette initiative aux fumeurs".
Du côté des étudiants, cette démarche semble bien acceptée. Selon Romain, vice-président étudiant, "En tant que fumeur en voie de cessation, cela m'encourage davantage. J'ai également participé à l'élaboration de ce programme". Romane, étudiante en orthophonie, note : "Auparavant, les fumeurs se regroupaient près de l'entrée, rendant le passage désagréable. Cette initiative est donc bénéfique". Son amie Lucie ajoute : "Ils ne sont pas exclus, une zone leur est réservée pour fumer, ce qui contribue aussi à la sociabilisation entre eux. C'est un changement positif pour tous".
Pour l'avenir, l'université envisage d'étendre cette initiative à l'ensemble de ses bâtiments, avec une première extension prévue au campus d'Alençon dans les prochaines semaines.







