Une déclaration choquante d'Ibrahim Traoré, le leader de la junte au Burkina Faso, a suscité l'indignation. Selon ses mots sur la télévision publique, "il faut que les gens oublient la question de la démocratie", ajoutant que "la démocratie, ce n’est pas pour nous". Cette réflexion a été vivement critiquée par “Le Djely”, qui estime qu'elle rejette de manière inacceptable des valeurs universelles comme la liberté, la justice et l'égalité pour le peuple africain.
Seule deux explications semblent plausibles : soit Traoré cherche à justifier son emprise sur le pouvoir par des amalgames fallacieux, soit il ne connaît de la démocratie que ses pires travers. Ses propos n'invitent pas à la réflexion sur un avenir démocratique, mais plutôt à la résignation face à une réalité conditions. Le "nous" qu'il évoque laisse à penser qu'il exclut les Africains de l'accès à ces valeurs fondamentales.
En véhiculant des arguments trompeurs, souvent promus par des intellectuels biaisés se présentant comme des défenseurs de l'Afrique, Traoré semble propager une vision réductrice du continent. Ce discours entraîne malheureusement certaines jeunes générations vers un véritable contresens sur la démocratie.
L'éducation émerge comme la clé de la libération des entraves que représentent certaines élites, oscillant entre illusion héroïque et pratiques contraires à l'intérêt collectif. C'est ici que réside un enjeu majeur pour l'avenir du Burkina Faso et de toute l'Afrique.
Ibrahim Traoré fait du Nicolas Sarkozy
Il est paradoxal que ceux qui crient à l'incompatibilité entre démocratie et Afrique se posent généralement en fervents défenseurs du continent. Ils dénoncent à juste titre la condescendance de partenaires occidentaux, mais alimentent pourtant eux-mêmes des stéréotypes dégradants en soutenant que la démocratie serait étrangère à l'Afrique.
Ceux qui promeuvent cette idée font souvent preuve de manipulation, se servant des crises électorales comme excuse pour éviter toute obligation de responsabilité. Bien que Traoré prétende agir au nom du peuple, ses motivations semblent davantage dictatoriales.
Les répressions et les restrictions aux libertés que cette idéologie engendre constituent un sérieux obstacle à l'émancipation du continent. Affirmer que la démocratie est incompatible avec l'Afrique revient à mépriser des valeurs universelles que chaque citoyen mérite de défendre.
D'ailleurs, cela renvoie à la célèbre phrase de Nicolas Sarkozy lors de son discours de Dakar où il sous-entendait que l'homme africain n'avait pas véritablement pris sa place dans l'histoire.
Dévoiement de l'esprit démocratique
En se concentrant uniquement sur le spectre électoral, ces discours négligent les principes fondamentaux de la démocratie, ce qui fragilise la dénonciation des inégalités qui existent encore. L'absence de respect envers ces valeurs compromet donc les relations internationales et les revendications d'égalité.
En effet, les élections n'ont que très rarement été garantes de progrès. Les violences et les tensions associées aux scrutins ne sont pas la faute de la démocratie en soi, mais bien celle de certaines élites qui refusent de respecter les règles qu'elles ont mises en place.
Entre Traoré et ceux qui ont instrumentalisé l'esprit démocratique, il existe une différence majeure : il endosse ouvertement une logique autoritaire, alors que d'autres la camouflent derrière des apparences de démocratie. Dans tous les cas, ils représentent un réel frein au développement du continent.







