Ce mardi 7 avril, les pêcheurs du Havre ont arrêté leurs activités pour protester contre les prix exorbitants du carburant et l'inaction des autorités. Les promesses d'aides financières faites fin mars semblent hors de portée, laissant les professionnels du secteur dans une situation critique.
Dès l'aube, les pêcheurs se sont réunis sur le petit port, incendiant pneus et palettes au rond-point entre la criée et le quai. Leurs bateaux, immobilisés, affichent des messages tels que "gazol trop cher" et "marins en colère". En effet, dans cette mobilisation, aucun des trente navires amarrés n'est sorti en mer, car avec un prix du gazole atteignant 1,40 € le litre, opérer devient économiquement inviable.
Pierre Becquet, armateur de plusieurs navires au Havre, témoigne des conséquences directes de cette situation : "J'ai même dû licencier des gars d'un commun accord, car les salaires ne peuvent plus suivre." Selon lui, "on travaille à perte depuis deux bonnes semaines", une situation qu'il n'a jamais connue en deux décennies d'activité.
Concernant les aides promises par le gouvernement, Becquet affirme : "On n'a rien eu du tout, même pas le dossier pour nous rassurer. Même si nous l'avions, les 20 centimes par litre, c'est dérisoire. Entre l'annonce des aides et aujourd'hui, nous avons déjà subi une hausse de 20 centimes supplémentaires." Une frustration partagée par de nombreux pêcheurs qui poursuivent cette grève.
Face à cette crise, le ministère de lEconomique a annoncé la mise en place d'un "prêt flash carburant" via Bpifrance, visant à soutenir la trésorerie des petites entreprises affectées par la hausse des coûts. Ces prêts, allant de 5 000 à 50 000 euros, seront accessibles aux TPE et PME des secteurs touchés. Bien que cette aide soit jugée nécessaire, elle apparaît tardive pour les pêcheurs du Havre, comme l’indique un rapport de FranceInfo.







