Danièle Klein, ayant perdu son frère lors de l'attentat du DC-10 d'UTA, était l'invitée de Franceinfo le 7 avril. Elle a partagé son expérience lors du procès en appel de Nicolas Sarkozy concernant le financement libyen de sa campagne électorale en 2007.
Flore Maréchal, journaliste de Franceinfo : Bonjour Danièle, vous êtes membre du collectif 'Les Filles du DC10' et vous vous êtes constituée partie civile dans ce procès. L'attentat de 1989, perpétré par le régime de Kadhafi, a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français. Qu'avez-vous pensé des déclarations de Nicolas Sarkozy ce matin ?
Danièle Klein : Nous sommes très attentives. Lors de ce procès, notre objectif est d'écouter sans préjugés. Nous venons avec un état d'esprit d'ouverture. Nicolas Sarkozy a dû répondre à nos témoignages récents; c'était une réaction attendue. Mais il a une nouvelle fois insisté sur le fait qu'il n'était pas responsable de l'attentat. Je pense que nos témoignages lui ont fait écho, mais ce discours a résonné comme un rappel de ses déclarations passées.
Flore Maréchal : Vous avez exprimé votre colère lors de votre dernier témoignage. Pouvez-vous expliquer ce qui vous a le plus frappé ?
Danièle Klein : Ce qui me choque, c'est que les vraies victimes sont souvent éclipsées par ceux qui parlent au micro. Nous avons eu l'impression d’un véritable clan opposé à nous. Au-delà des personnalités connues, je vois surtout un système qui protège ses membres. Ce n'est pas une question de ressentiment personnel, mais de constatation : il existe une organisation qui ignore les conséquences de ses actes.
Cette situation de pouvoir et d'impunité est inacceptable. Nous restons vigilants dans ce procès en appel, espérant que des vérités émergent.
Flore Maréchal : Selon vous, la défense de Sarkozy, qui dit ne pas avoir été au courant des réunions secrètes concernant Kadhafi, est-elle crédible ?
Danièle Klein : C'est la même défense qu'au premier procès. Je reste sceptique quant à un changement significatif. J'aimerais qu’un des prévenus ait le courage de reconnaître une faute, mais je n'y crois guère. Comme l'a rapporté Le Monde, la stratégie de défense semble bien orchestrée.
Conclusion : Ce procès mobilise non seulement les victimes, mais aussi l'opinion publique face à des enjeux de vérité et de justice. La voix de Danièle Klein rappelle aux responsables politiques les conséquences de leurs actes.







