La mairie de Besançon, dirigée par Ludovic Fagaut (LR), a annoncé le 13 avril avoir déposé une plainte pour « provocation à la haine » contre le collectif d'extrême droite Némésis. Cette décision fait suite à l'accroche d'une banderole raciste sur la façade d'un immeuble, où le groupuscule a insinué un lien inacceptable entre les étrangers et les violences sexuelles.
Ce panneau infamant, suspendu lors du carnaval de la ville, a suscité une vive indignation. À cet égard, la municipalité a réagi en soulignant son engagement envers les valeurs de respect et de vivre-ensemble. « Nous condamnons fermement ces actes inacceptables », a déclaré le maire Ludovic Fagaut. Ce n'est pas la première fois que Némésis fait parler de lui dans le cadre de cet événement festif ; le collectif avait déjà perturbé le carnaval il y a deux ans, entraînant une plainte de l'ex-maire écologiste, Anne Vignot.
« C’est un délit »
Anne Vignot a d'ailleurs réagi en qualifiant ces amalgames de « honteux », ajoutant que « le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit ». Son discours rejoint celui de nombreux élus de gauche qui réclament des mesures plus fermes contre le collectif, évoquant ses liens avec des groupuscules néonazis.
Depuis l'exposition de la banderole, des voix s'élèvent pour demander la dissolution de Némésis. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a répondu à ce sujet à l'Assemblée nationale en déclarant que « aucun groupe n’échappe au contrôle », insinuant que des actions pourraient être envisagées contre des formations comme Némésis.
Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, a de son côté pris l'initiative de saisir l'administration fiscale. Cela fait suite à la déclaration de Némésis comme organisme d'intérêt général, permettant ainsi à ses contributeurs de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66 %. Une enquête pourrait donc être lancée pour examiner cette situation, qui soulève des questions éthiques majeures quant à la démarche du collectif.







