Ce samedi 30 mai, Bourbriac accueille un "grand banquet breton" organisé par le Rassemblement national. Cet événement illustre l'implantation croissante du parti d'extrême droite dans les Côtes d'Armor. Le maire de la commune, Éric Le Couster, a confirmé avoir donné son accord pour la location de la salle des Forges, malgré une vive opposition de la part d'organisations intersyndicales et de citoyens.
Après un meeting controversé à Callac et l'ouverture d'une brasserie à Pléguien, c'est au tour du RN de se réunir. Camille Favre, responsable du RN à Guingamp, se réjouit de l'affluence : "C'est complet, nous aurons 340 participants, une première dans le département". Le député Jean-Philippe Tanguy sera également présent.
Le maire assume sa décision
Éric Le Couster, fraîchement élu, défend sa décision : "C'est une location comme une autre, et je ne comprends pas cette polémique. Le RN est un parti reconnu en France". L'ancienne maire, Claudine Guilloux, précise qu'elle n'avait aucune raison juridique ou politique de refuser cette location, bien qu'elle n'adhère pas aux valeurs du RN. Le Couster critique également les manifestations anti-RN, affirmant qu'elles ne font que relancer l'intérêt pour le rassemblement.
Alerte aux enjeux locaux
Thierry Pérennes, membre de la CGT, voit dans cet événement "une réunion électorale qui ne dit pas son nom" et a appelé à la mobilisation de près de 140 personnes dans les rues de Bourbriac pour s'opposer à la présence du RN. Les syndicats, quant à eux, tentent de faire en sorte que cet événement n'affecte pas l'opinion publique sur des sujets cruciaux tels que la défense des services publics.
Un soutien partagé et des voix discordantes
Des membres de la commune ont des opinions divergentes. Jacky, résident et ancien policier, se dit favorable au banquet, arguant que beaucoup de citoyens se retrouvent dans les idées du RN à cause d'un ras-le-bol général. En revanche, Antoinette, une autre habitante, exprime ses craintes quant à cette montée en puissance du RN, appelant à agir pour contrer cette tendance.
Des experts, comme l'ancien maire de Callac, Jean-Yves Rolland, soulignent qu'ignorer le RN et se concentrer sur des projets locaux peut être une tactique plus efficace que les manifestations. "Plus on en fait pour les contrer, plus cela les propulse," dit-il, partageant une préoccupation sur l'impact des tensions communautaires exacerbées par cette affirmation du RN.
Le débat autour de ce banquet à Bourbriac traduit des enjeux plus vastes au cœur des discussions politiques en Bretagne, où le RN semble renforcer sa présence tout en suscitant des réactions cash et variées au sein de la population.







