Le gouvernement malgache est sur le point de formaliser un accord avec Moscou concernant l'extension des infrastructures de stockage de carburant sur l'île. Si cette initiative permet à la Russie de renforcer son rôle dans la sécurité énergétique de Madagascar, la presse locale hésite à en voir les bénéfices pour le pays.
Cet accord semble trop prometteur pour être authentique. Lors de la Conférence internationale sur la sécurité à Moscou le 27 mai, le Premier ministre malgache, Mamitiana Rajaonarison, a évoqué un nouveau partenariat avec le Kremlin.
Il a fait part de la prochaine signature d'un accord visant à établir une zone économique commune (ZEC), facilitant les échanges économiques entre les deux nations, notamment la libre circulation des biens.
Le volet crucial de ce partenariat concerne l'énergie. Madagascar est en pourparlers avec les autorités russes pour l'agrandissement de ses capacités de stockage de carburant, permettant à l'île de sécuriser son approvisionnement et de minimiser son exposition aux crises énergétiques mondiales, comme le relève Business Insider Africa.
Partenariat opaque
Comme de nombreuses autres nations africaines, Madagascar cherche des réponses aux défis énergétiques pour réduire sa dépendance vis-à-vis du détroit d'Ormuz. La question de l'énergie est d'une importance capitale sur l'île, ayant été un facteur clé dans la chute de l'ancien président, Andry Rajoelina, en 2025.
Quelques jours avant l'annonce, News Mada exprimait des préoccupations sur les limites des installations actuelles, indiquant que le gouvernement devait relever un défi de financement pour le projet d'agrandissement. Antananarivo semble avoir trouvé une solution en se tournant vers Moscou pour un accord mystérieux.
Ce partenariat survient après que l'Office malgache des hydrocarbures a annoncé la mise en place d'un système de stockage stratégique, visant un approvisionnement énergétique durable, comme l'indique 2424.mg.
En plus de sécuriser ses besoins énergétiques, Madagascar pourrait devenir une plateforme logistique et de stockage stratégique pour le carburant, desservant des régions d'Afrique de l'Est et du Sud, affirment des experts.
Un passe-droit de plus pour Moscou
Cette coopération n'est pas nouvelle. Lors d'une visite officielle en Russie en février 2026, le président malgache Michaël Randrianirina avait mentionné que les investissements russes étaient cruciaux pour redresser le pays. Au même moment, des annonces concernant l'arrivée de distributeurs russes à Madagascar ont été faites.
La démarche du Kremlin s'inscrit dans une stratégie plus large, où elle étend son influence en Afrique. Elle propose des accords sur les prix des carburants et un soutien militaire en échange de l'accès à des ressources minérales, les réserves de Madagascar étant particulièrement riches.
Dans ce cadre, Moscou pourrait accéder à l'Afrique via l'océan Indien, contrecarrant les plans d'autres puissances mondiales, comme le souligne Business Insider Africa.
Lors d'une conférence de presse récente, le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Sergueï Choïgou, a salué l'augmentation de l'intérêt des nations africaines pour la coopération avec son pays, phénomène amplifié par la crise au Moyen-Orient, rapporte Interfax.
Face à cette situation, un économiste averti par l'Express de Madagascar appelle à un encadrement rigoureux pour éviter un partenariat déséquilibré au détriment de Madagascar. Il est à craindre que le pays se soit engagé dans une aventure risquée.








