Dans le cadre des récentes élections municipales de mars, cinq maires sortants du Val-de-Marne ont été démis de leurs fonctions. Un mois après ce bouleversement, chacun d'eux se trouve à la croisée des chemins, s'interrogeant sur leur futur dans l'opposition. Après des années d'engagement, de nombreux ex-édiles profitent de ce nouveau temps libre.
Marie Chavanon, ancienne maire de Fresnes (PS), avait imaginé un autre tournant pour la fin de son mandat. À la dernière heure, la réalité s’est rappelée à elle avec des incidents marquants. En effet, alors qu'elle devait préparer une passation, c’est aux côtés des agents de la mairie qu'elle a passé sa dernière nuit. Elle a dû gérer les conséquences des dommages infligés par un groupe d'adolescents, qui ont saccagé l’entrée de l'hôtel de ville. Elle témoigne : « Quand on n'est plus maire, on n'est plus rien. C'est brutal. » Le 22 mars, anti-municipal pour elle, a été suivi de la victoire de Christophe Carlier (LR) par une poignée de voix – 107 pour être précis.
Un mois après, Marie se retrouve face à l’incertitude financière. Contrairement aux députés, les maires perdent leurs indemnités immédiatement suite à leur départ. « Comme ce n'est pas un salaire, il n'y a pas de chômage non plus », explique-t-elle, perplexe quant à son avenir professionnel.
« Je me sens un peu libéré »
Jean-François Delage, ancien maire du Kremlin-Bicêtre (PS), est lui aussi dans les réflexions. Battu par Lionel Zinciroglu (DVD), il se dit partagé : « C'est rapide et assez rude, mais au fond, ça ne m'afflige pas. J'avais besoin de ce temps de repos après deux ans à travailler intensément. »
Quant à l'option de rester dans l'opposition, Marie est déterminée à suivre de près les projets promis, notamment concernant la construction d'une maison de retraite dont le financement a été remis en question. Jean-François, en revanche, est moins catégorique, expliquant qu'il ne sait pas s'il fera tout le mandat dans l'opposition, mais qu'il souhaite continuer à s'investir.
Des choix à faire pour l’avenir
Le paysage est varié pour ces anciens maires. Didier Dousset (MoDem), ex-maire du Plessis-Trévise, ne se montre pas très actif sur les réseaux, tandis que Jean-Pierre Barnaud (UDI), après un long parcours, préfère transmettre son savoir tout en veillant à la rénovation urbaine de Chennevières-sur-Marne, battu par Laurence Grandjean (SE).
Entre temps libre et engagements, chaque ex-maire se redéfinit. Patrick Farcy (SE), défenseur des forêts en tant que conseiller départemental, a lui aussi laissé son siège à un nouveau maire après sa défaite. Il prévoit de retrouver ses passions, comme la peinture, après avoir négligé son atelier pendant ses mandats. « Mon besoin de créativité s'est intensifié au fil des années », partage-t-il.
Dans cette période post-électorale délicate, ces hommes et femmes, désormais libérés de leurs responsabilités, s'émerveillent d'un quotidien plus tranquille et envisagent tous un avenir, certes incertain, mais riche de possibilités.







