Le retour de bâton contre les géants de la technologie, souvent appelé “Techlash”, semble avoir pris une nouvelle dimension. Récemment, l'incendie d'un cocktail Molotov au domicile de Sam Altman, le patron d’OpenAI, a suscité de vives inquiétudes. Ce geste violent a été perpétré par Daniel Moreno-Gama, un jeune homme de 23 ans, qui a été arrêté mi-avril et inculpé de tentative de meurtre. Ce dernier a expressément fait référence à Luigi Mangione, un meurtrier qui a captivé l'attention du public après avoir tué en 2024 le PDG d’UnitedHealthcare.
Avant son arrestation, Moreno-Gama avait exprimé sur les réseaux sociaux son souhait de « faire un coup à la Luigi contre certains patrons de la tech », comme l’a rapporté The Wall Street Journal. Cette référence répétée à Mangione, qui est en détention en attendant son procès, illustre un forum de discorde et de mécontentement croissants contre les figures de la tech.
Dans la nuit du 10 avril, le domicile de Sam Altman dans le quartier huppé de Russian Hill à San Francisco a été la cible de Moreno-Gama, qui aurait eu l'intention de mettre le feu à des installations d'OpenAI. The Wall Street Journal note que cet incident illustre un sentiment plus large de frustration vis-à-vis des grandes entreprises technologiques, alimenté par l'engouement collectif autour de la figure controversée de Luigi Mangione.
Les enquêteurs ont trouvé un manifeste rédigé par Moreno-Gama, avertissant que l'intelligence artificielle pourrait mener à l'anéantissement de l'humanité. Ce texte contenait également un message particulièrement troublant pour Altman : "Si, par miracle, tu survivais, je prendrais cela comme un signe divin t'invitant à te racheter...". De plus, d'autres rapports indiquent que Moreno-Gama portait une liste des patrons et investisseurs dans l’IA, accompagnée de leurs informations personnelles.
Une diabolisation cynique du système américain
The Washington Post a qualifié ces actes de "réactions prévisibles" et non de simples accès de violence motivés par une critique du capitalisme. Le quotidien met en avant une "diabolisation cynique" du système américain, qui semble nourrir de telles transformations dans l'esprit des radicaux.
Malgré son plaidoyer de non-culpabilité pour le meurtre d’UnitedHealthcare, Luigi Mangione semble surfé sur une vague de soutien, collectant plus de 1,46 million de dollars pour financer ses frais juridiques, une situation mise en évidence par les procureurs. Ils s’inquiètent que certains soutiens de Mangione commencent à envisager la violence comme une solution acceptable face aux défis politiques contemporains.
Un retour de bâton attendu
Le magazine Rolling Stone s'interroge sur l'accentuation du Techlash, se demandant si cette flambée de violence marque un tournant. Les réactions d'encouragement sur les réseaux sociaux à l'égard de Moreno-Gama soulignent ce malaise croissant. Les soutiens s'étonnent même de l'état matériel de la maison d'Altman, manifestant un sentiment de désapprobation envers son rôle dans le secteur de l'IA.
Des utilisateurs de la plateforme X semblent voir dans ces actes une légitimation de la violence, décrivant la protection de l’humanité face à l’IA comme un acte héroïque plutôt que criminel. Des commentaires affirment que les véritables criminels sont les PDG des grandes entreprises technologiques, qui sont perçus comme des menaces pour l'humanité.
Cet ensemble de réactions témoigne d'une colère palpable contre l'industrie technologique. Les experts, comme Safiya Noble de l'Université de Californie à Los Angeles, constatent une escalade des préoccupations liées à une IA sans régulation, la considérant comme un reflet d’une société de plus en plus méfiante à l'égard des acteurs de la tech.
Que ce soit par des actes isolés ou des mouvements de masse, le phénomène du Techlash ne semble pas prêt à s’apaiser. La question demeure : jusqu'où iront ces émules de Luigi Mangione, animés par une haine grandissante envers un système qu'ils perçoivent comme oppressif ?







