Malgré une hausse des effectifs dans les filières de comptabilité et un marché de l'emploi qui se renforce, cette discipline souffre encore d'une image désuète. Loin des stéréotypes associés, les écoles proposent des cursus diversifiés et modernes.
Avant d'envisager des études en comptabilité, Jules avoue avoir eu une vision stéréotypée du métier. « Je pensais qu'un comptable était une personne âgée en chemisette, souvent nommée Michel », confie-t-il. Pourtant, tout change lorsqu'il se plonge dans une licence d’éco-gestion, où il découvre la logique comptable. À ses yeux, « c'était semblable à un jeu, un véritable escape game d’organisation ».
Lors de son passage en master spécialisé, il se rend compte que le monde professionnel est très différent des idées reçues. « La comptabilité est loin d'être poussiéreuse, les jeunes qui y travaillent sont dynamiques et l'ambiance est conviviale ! »
Management, droit, économie… Des enseignements variés
Les idées préconçues sur la comptabilité incluent souvent des craintes liées à des carrières monotones. Une perception que les écoles tentent d'inverser. Selon François Lantin, maître de conférences à l'IAE Lyon, « ces métiers sont souvent méconnus ». Cela se reflète dans l'augmentation des inscriptions au diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) et au diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG).
Issir, étudiante en DSCG à l’IAE de Bordeaux, ressent ce changement. « J'avais un a priori que la comptabilité était ennuyeuse », avoue-t-elle. Mais à travers ses stages, elle découvre que la formation inclut du management, du droit et de l'économie. Cette pluridisciplinarité l'a aidée à décrocher un contrat en alternance où elle s'épanouit. « Je rédige des rapports sur les conditions de travail, intégrant le droit du travail appris. Cela montre que le DCG et le DSCG ne se résument pas à de la simple comptabilité. »
« J’ai découvert de nombreuses possibilités de carrière »
Les débouchés offerts par ces diplômes sont vastes. Lia, qui étudie le DCG à l’HECG de Marseille, a changé d'avis sur sa carrière. « Je suis intéressée par une spécialisation fiscale alors que je ne voulais pas être experte-comptable à la base. Cela ouvre beaucoup de portes », dit-elle. Avec un DCG, beaucoup d'étudiants choisissent d'explorer d'autres voies, comme intégrer une école de commerce, profitant ainsi d'une formation polyvalente.
Pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance, le diplôme d'expertise-comptable (DEC) représente le summum après huit années de formation. Selon François Lantin, l'objectif est de former de futurs conseillers qui accompagneront les experts-comptables traditionnels dans leur évolution.
Innovations pédagogiques et technologies avancées
À l’IAE Lyon, des initiatives innovantes rapprochent le monde académique de celui des entreprises. La « clinique du management » est un exemple d'atelier où étudiants, professeurs et chefs d’entreprises travaillent ensemble à des solutions concrètes. « Nous aidons une startup à résoudre ses problèmes financiers », explique François Lantin.
Les établissements commencent aussi à intégrer l'intelligence artificielle dans leur programme. Paul, étudiant en master audit à l’EM Normandie, souligne son utilité pour simplifier des tâches. Alors que Bryan, en master CCA à Lyon, complète : « L'informatique réduit certaines tâches rébarbatives. » Le secteur continue cependant de se développer, avec des offres d'emploi comptable concernant près de 17 800 postes cadre prévue pour 2025, un chiffre record.







