Cette patiente de 33 ans vient de bénéficier d’une greffe de tissu ovarien prélevé sur elle à l’âge de 13 ans alors qu’elle souffrait d’un cancer. Elle peut aujourd’hui espérer avoir un bébé.
C’est peut-être le début d’une aventure extraordinaire qui se dessine au sein du CHU de Caen (Calvados). Il y a 20 ans, une adolescente de 13 ans était hospitalisée pour un lymphome de Hodgkin, un cancer nécessitant un traitement de chimiothérapie lourd qui engendrait un risque élevé de ménopause précoce. La Dr Christine Denoual-Ziad, responsable du service de gynécologie-obstétrique, rappelle : « C’était une période critique pour elle ».
Les médecins, avec une vision audacieuse, avaient décidé de prélever un fragment de tissu ovarien, dans le but de préserver sa fertilité, une initiative remarquable pour l'époque où les recherches sur la conservation d’ovaires n’en étaient qu’à leurs débuts. « Nous avons préservé ce tissu en sachant que les avancées scientifiques étaient incertaines », ajoute la praticienne.
Deux décennies plus tard, cette jeune fille devenue femme s'est tournée de nouveau vers l'équipe médicale du CHU, exprimant son souhait de devenir mère. À la fin de l’été dernier, elle a subi la première greffe de tissu ovarien réalisée par le CHU, utilisant le fragment conservé dans l’azote liquide à -196 °C pendant toutes ces années.
Un espoir aussi pour de nombreuses autres jeunes filles malades
Ce choix audacieux des médecins commence à porter ses fruits. Grâce aux avancées de la médecine, la réimplantation du tissu ovarien est désormais une réalité. « Nous avons effectué deux interventions pour greffer des morceaux de tissu dans le ventre de la patiente. Désormais, il faut attendre que ce tissu reprenne vie et fonctionne comme un ovarie. Ce processus peut prendre jusqu’à six mois », explique encore la Dr Denoual-Ziad. Si cette greffe aboutit, la patiente pourrait avoir les mêmes chances de grossesse que n'importe quelle femme en santé.
L’espoir est indéniablement présent. Sans cette précaution, elle aurait été ménopausée dès son adolescence et n’aurait pas pu envisager une grossesse. « C'est une belle réussite pour l’équipe médicale. Nous avons vu se matérialiser ce en quoi nous croyions depuis tant d’années. Cette patiente, qui a combattu la maladie, est désormais dans une position où elle peut espérer devenir maman. Bien sûr, le parcours est encore long, mais c’est un encouragement pour d’autres jeunes femmes souffrantes, leur montrant qu'il est possible de rêver à la maternité », conclut la médecin.







