Saint-Ouen, une commune dynamique de Seine-Saint-Denis, est le théâtre d’un affrontement inédit entre le maire socialiste Karim Bouamrane et l’enseigne de restauration rapide halal Master Poulet. Depuis son ouverture le 11 avril, le fast-food fait l'objet d'un vif conflit, marqué par des accusations mutuelles de nuisances et de gentrification.
Selon le maire, Master Poulet aurait débuté ses activités sans autorisation préalable, malgré un refus clair de la municipalité. En réaction, il a fait installer des blocs de béton devant l’établissement pour empêcher son accès. Ce bras de fer a alors pris une tournure judiciaire : Master Poulet a saisi le tribunal administratif de Montreuil, qui a rendu une décision indiquant que l'action du maire était manifestement illégale, ordonnant le retrait des blocs sous 48 heures.
Le chef de l’enseigne, qui gère 36 restaurants en France, a exprimé son mécontentement, soulignant les nombreux contrôles subis par ses établissements dans un délai si court. Le communiqué de Master Poulet évoque une gestion antérieure totalement conforme et sans encombre, mais indique également des tensions croissantes avec la municipalité.
Karim Bouamrane, lui, argumente contre l'enseigne en mentionnant des livraisons nocturnes perturbantes et des odeurs dérangeant les résidents. Le maire insiste sur un enjeu de santé publique : "Je souhaite garantir à tous un accès à une alimentation de qualité dès le plus jeune âge", a-t-il précisé sur le réseau social X.
Cette situation n’est pas sans soulever des questions politiques. Des membres de La France insoumise, notamment le député Éric Coquerel, accusent Bouamrane d’utiliser cette lutte contre la malbouffe comme un moyen d'enclencher une gentrification visant à favoriser des commerces plus élitistes.
Dans un dernier développement, le maire a remplacé les blocs de béton par de grands pots de fleurs, suscitant la réaction du restaurant. Master Poulet a réagi en affichant des banderoles sur sa façade, affirmant sa volonté de rester ouvert malgré les obstruction. Ce conflit illustre les tensions urbanistiques croissantes au sein de cette commune, où l’avenir du commerce et celui des riverains se croisent de manière explosive.







