À peine sa victoire aux élections digérée, le futur dirigeant hongrois Péter Magyar se retrouve au cœur d'une tempête médiatique suite à la désignation de son beau-frère, Márton Melléthei-Barna, au poste de ministre de la Justice. Avant même son investiture officielle prévue le 9 mai, des critiques émergent, redoutant que les connexions familiales ne conduisent à un « business familial » déguisé.
« Camarade d’université, beau-frère et avocat de Péter Magyar, il est également directeur juridique du parti Tisza », écrit le site Telex. La nomination de Melléthei-Barna, dévoilée le 30 avril, soulève d'ores et déjà des questions sur la transparence et l'intégrité de la future administration Magyar.
D'après plusieurs sources, dont HVG, ce juriste fort de vingt ans d'expérience, ayant travaillé à l'étranger, est jugé « extrêmement compétent et intègre », mais beaucoup s'inquiètent de l'impact de sa relation de parenté avec Magyar sur sa capacité à exercer ses fonctions de manière impartiale. Le parti Tisza affirme qu'ils respecteront la séparation entre vie professionnelle et vie familiale.
Une autre préoccupation majeure est soulevée par l'hebdomadaire EconomX, qui rapporte que la sœur de Péter Magyar suspend son activité de juge pendant le mandat de son frère en tant que Premier ministre. Magyar justifie néanmoins la nomination en assurant que Melléthei-Barna est « préparé sur le plan professionnel et attaché à l'État de droit ».
Un népotisme tenace
Les réactions critiques ne se sont pas faites attendre. L'activiste politique Lili Pankotai dénonce sur Facebook : « Cela ne sonne pas très bien venant de quelqu'un qui critiquait le népotisme ». Pour elle, ce lien familial pourrait créer une perception de favoritisme et compromettre l'indépendance des décisions judiciaires.
Le magazine conservateur Mandiner exprime également des inquiétudes, soulignant que ce choix pourrait ouvrir la porte à des pratiques douteuses et à des conflits d'intérêts. Les critiques sont nombreuses et portent sur le risque que la loyauté familiale prime sur l'intégrité professionnelle.
Le Magyar Nemzet insiste sur le fait que le nouvel ordre encouragerait un système où avoir des liens de parenté avec le Premier ministre n'est plus considéré comme un obstacle mais, au contraire, comme un avantage, ce qui pourrait contribuer à éroder la confiance du public envers le gouvernement.
Pour contrer cette dérive, l'ancien politicien Gábor Vona évoque la nécessité d'une « loi beau-frère » afin de réglementer les conflits d'intérêts potentiels entre membres du gouvernement, comme le rapporte Index. Cette législation viserait à garantir la séparation entre les intérêts personnels et les obligations publiques.







