La situation des médecins formés au Royaume-Uni s'est enfin éclaircie. Les députés de l'Assemblée nationale ont voté en faveur d'une proposition de loi qui vise à faciliter leur installation en France.
Aucune opposition n'a été enregistrée lors de cette seconde lecture au Palais Bourbon, et le texte a été approuvé à l'unanimité par les 72 députés présents.
Vincent Caure, député macroniste, a souligné : "Cette loi va concrètement améliorer la vie professionnelle et personnelle des médecins formés au Royaume-Uni." Il a également signalé que de nombreuses régions souffrent de pénurie de médecins, ce qui rend cette mesure d'autant plus nécessaire.
"Nos territoires sont des déserts médicaux, et nous avons besoin de médecins formés, surtout s'ils sont français", a-t-il insisté.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a également salué cette avancée, notant que cela constitue un déverrouillage des contraintes d'installation pour les médecins formés au Royaume-Uni.
Des médecins plongés dans la précarité
Depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, fin 2020, les diplômes britanniques des médecins ne sont plus reconnus en France, les contraignant à suivre un processus administratif complexe. Il s'agit d'un concours connu sous le nom de Padhue. Cette procédure comprend des épreuves de vérification des connaissances suivies d'une phase de consolidation des compétences et enfin une évaluation par une commission habilitée pour valider l'inscription au tableau de l'Ordre des médecins en France.
"Des centaines de médecins, certains diplômés d'Oxford, se retrouvent contraints de choisir entre la précarité et l'exil", a affirmé Caure.
La loi récemment adoptée permettra une reconnaissance automatique des diplômes des médecins formés au Royaume-Uni avant le Brexit, qu'ils soient de nationalité française, britannique ou d'un autre pays de l'UE.
Une liste à venir des diplômes reconnus
Cette loi devrait être promulguée dans les deux semaines au Journal officiel, mais elle n'est pas une solution complète pour tous les médecins concernés. Un arrêté ministériel est prévu pour lister précisément les diplômes et spécialités britanniques qui seront reconnus en France. Plusieurs spécialités au Royaume-Uni ne correspondent pas aux classifications françaises, ce qui complique encore plus la situation.
La ministre de la Santé a par ailleurs réaffirmé l'importance des discussions à venir avec divers syndicats et organismes pour améliorer la régularisation des pratiques médicales venant d'autres pays hors de l'UE.
Cette nouvelle réglementation s'inscrit dans une série de réformes promises pour alléger le processus d'installation des médecins étrangers en France. La transformation du concours en examen, défiant le système actuel, nécessitera cependant une évolution législative.







