Ce mercredi marque un tournant décisif pour Emmanuel Moulin, ancien conseiller à l'Élysée, auditionné par les commissions des Finances du Sénat et de l’Assemblée. À 57 ans, cet ancien directeur du Trésor, qui a évolué au sein des gouvernements de Nicolas Sarkozy et d'Emmanuel Macron, s'exprime à 9 heures devant le Sénat, suivi d'une session à 11 heures avec l’Assemblée. Le résultat de ces auditions influencera sa nomination en tant que gouverneur.
La nomination d'Emmanuel Moulin, proposée par Emmanuel Macron pour succéder à François Villeroy de Galhau, doit encore obtenir l'approbation des parlementaires. Si un veto se manifeste avec trois cinquièmes des voix contre, l'avancée de cette candidature sera compromise. Ce choix, alors que le mandat présidentiel touche à sa fin, soulève des inquiétudes, notamment après d'autres nominations de proches de Macron au sein d'institutions clés.
Opposition croissante des partis
Le climat politique autour de cette nomination est tendu. Les socialistes, dans un communiqué, ont exprimé leur désaccord, arguant qu’Emmanuel Moulin « ne garantit pas l’indépendance politique requise » pour un banquier central, une préoccupation partagée par les Insoumis et le Rassemblement National, qui ont également annoncé un vote défavorable. Selon Philippe Brun, député PS, cette décision pourrait avoir des répercussions importantes sur la perception du rôle de la Banque de France.
Le président de la commission des finances, Éric Coquerel (LFI), a exhorté ses collègues à refuser cette nomination, soulignant que le sort d’Emmanuel Moulin pourrait dépendre du vote des Républicains. Toutefois, des sources proches de l’alliance dominante au Sénat laissent entendre qu’une large majorité pourrait se former en faveur de son ascension.
Polémiques et rumeurs
Les rumeurs autour de la nomination ont été alimentées par une enquête du journal Mediapart, qui a révélé que la direction de la Banque de France aurait demandé l'élaboration de fiches techniques pour préparer les auditions. Ce geste a été interprété par certains agents comme un manquement au devoir d’indépendance de l’institution. François Villeroy de Galhau a néanmoins justifié cette préparation, affirmant qu’elle ne relevait pas d’un traitement particulier.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a défendu Emmanuel Moulin, le qualifiant d'« extrêmement compétent », et a cherché à dissiper les doutes sur cette nomination en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un simple « recasage ».
En somme, la séance de ce mercredi s'annonce décisive pour l'avenir de la Banque de France et pour le début d’un mandat qui pourrait bien redéfinir les relations entre l'exécutif et une institution cruciale pour l'économie française.







