Le Palais Bourbon, en mémoire de son passé, sera le théâtre d'un vote symbolique ce jeudi visant à abroger le Code noir, instauré en 1685 par Jean-Baptiste Colbert. Ce texte, qui a régulé l'esclavage dans les colonies françaises, n'a jamais été formellement annulé depuis l'abolition de l'esclavage en 1848.
La proposition de loi, portée par Max Mathiasin (Guadeloupe) et soutenue par des députés de toutes parts, sera examinée à 09H00, soulignant l'importance de ce moment historique. Selon le président Emmanuel Macron, maintenir ces textes dans le droit français est une «trahison de ce qu'est la République». Mathiasin a déclaré : «Il est temps de faire disparaître ces vestiges pour honorer la mémoire de ceux qui ont souffert de cette oppression».
Ce vote pourrait également ouvrir la porte à des discussions sur les réparations, un sujet sensible qui pourrait prendre le devant de la scène lors des débats. La députée Béatrice Bellay (PS) a exprimé la nécessité de passer «de la mémoire à la réparation», et a plaidé pour une loi-cadre dédiée aux injustices historiques.
En examinant le texte, les députés aborderont les effets durables de l'esclavage et les inégalités persistantes qui continuent de frapper les outre-mer. Un article du projet de loi stipule que le gouvernement doit remettre un rapport sur l'impact du droit colonial, incluant ses répercussions sur le racisme et l'éducation.
Le rapporteur Max Mathiasin a souligné qu'il ne souhaitait pas mélanger les questions des réparations avec cette abrogation, même si plusieurs députés de gauche ont proposé des amendements pour avancer sur cette thématique. Le chemin reste encore long pour réparer les injustices du passé, mais ce vote pourrait être la première étape d'un processus de réconciliation.







