Identité. « La France blanche et chrétienne n’a jamais existé », affirme la députée de La France Insoumise, invitée sur Le Media, une webtélé souvent critiquée pour ses prises de position à gauche.
Il est rare d’assister à des débats où une seule voix parvient à capter tant d’attention. Madame Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire LFI à l’Assemblée nationale, semble incarner ce phénomène. Dans un environnement où le talent comique devient une denrée rare, elle apparaît parfois comme une icône inattendue de cet art.
Pas d’amalgame !
Sa dernière déclaration, où elle dépeint la France et son identité, mérite d’être analysée. Les travaux de grands historiens comme Georges Duby ou Fernand Braudel seraient, selon elle, obsolètes. Avec une assurance déconcertante, elle envisage la question de l’identité française comme une simple formalité à balayer d’un revers de la main.
Dans un élan lyrique, elle a déclaré que « la France blanche et chrétienne n’a jamais existé. » Cette affirmation, pour le moins audacieuse, s’inscrit dans la perspective de la « Nouvelle France », un concept cher à Jean-Luc Mélenchon, visant à créer une identité unifiée au sein des multiples populations du pays.
Le terme « entièreté » qu’elle utilise semble être un symbole de cette ambition, bien que certains experts, comme le linguiste Jean-Pierre Bouchard, soulignent que son usage pourrait nuire à la clarté du discours. « La langue française a ses subtilités, et l’utilisation de mots trop complexes peut créer une distance plutôt qu'un lien », explique-t-il.
La France aux 36 000 clochers
Madame Panot devrait peut-être s’aventurer en dehors des cercles politiques parisiens pour visiter la France des villages et des petites villes, où se dressent encore fièrement des églises, symboles d’héritages chrétiens. Ces lieux battent au cœur de l’identité française, ce que beaucoup d’historiens, y compris l’historien des religions Michel Serres, rappellent fréquemment. Les églises sont non seulement des lieux de culte, elles sont aussi le reflet d’une histoire collective.
La notion d’une France blanche, à son tour, apparaît également comme une provocation, suscitant des critiques farouches. Un certain nombre d’analystes politiques, parmi lesquels Pierre Ménès, se sont étonnés de ces propos, la qualifiant de « complotiste » pour ses allusions à une conspiration qui aurait exclu d'autres groupes de cette image culturelle majoritaire.
« Les représentations dans l’art français sont le reflet d’un passé complexe, et renier cette histoire pourrait s’avérer dangereux », a-t-il noté.
Loin de remettre en question les conférences ou les ouvrages fondés sur ces notions, il serait plus judicieux pour la députée de considérer l’impact de ses mots sur ceux qui s’identifient encore à une France traditionnelle. Après tout, ignorer cette réalité ne fera pas disparaître son existence.
Quant à un éventuel prix Nobel pour cette originalité qui frôle souvent l’absurde, il reste à voir si elle sera reconnue. Pour l’instant, la réaction face à ses déclarations ne fait que commencer.







