Le procès des parents de Brooklyn, un bébé tragiquement décédé, s'ouvre aux assises de la Seine-Maritime. Le couple, âgé respectivement de 28 et 30 ans, est accusé d'avoir laissé mourir de faim leur enfant de 7 mois le 14 avril 2023 à Saint-Étienne-du-Rouvray. Les premières journées de ce procès crucial ont été marquées par des témoignages poignants de médecins légistes et de la directrice d'enquête.
Dans un climat chargé d'émotion, la directrice d'enquête a fait part de son vécu : "Je n'oublierai jamais je pense", a-t-elle confié à la cour. Elle n'a pas assisté aux premiers secours, mais les photographies de l'autopsie ont laissé une empreinte indélébile. "Les joues creuses, les yeux exorbités, la peau sur les os", voilà comment elle a décrit Brooklyn. L'horreur s'est accentuée lors des observations médicales : le médecin a noté des difficultés pour prélever du sang tant l'enfant était déshydraté.
Les enfants aînés, Hinata, trois ans, et Memphis, seulement deux, ont également été trouvés dans un état alarmant : des lèvres gercées et des signes de dénutrition sévère. Memphis, dont la température corporelle a chuté à 33 degrés, a dû être admis en urgence en réanimation pédiatrique, où il a reçu des soins immédiats. Ces faits choquants mettent en relief le contraste avec l'état physique des parents, tous deux en surpoids. Comme l'a souligné l'avocate générale, sur les photos de leur domicile, l'absence de nourriture adaptée à des jeunes enfants est alarmante, à l'exception de boîtes de lait maternisé périmées.
Une analyse des vidéos de la mère, avant et après le drame, indique une sombre évolution : les premiers enregistrements montrent les enfants jouant à l'extérieur, tandis que les derniers sont pris dans l'obscurité de leur chambre, éclairée uniquement par un écran de télévision.
Dénutrition sévère et bradycardie
Les témoignages des médecins légistes, entendus par la cour, suggèrent que la mort de Brooklyn a pu éviter un sort tragique à ses frères et sœurs. L'un des médecins a alerté sur le fait que Memphis aurait pu passer d'une issue fatale si sa prise en charge ne s'était pas effectuée rapidement. Les experts ont unanimement rappelé que les parents n'étaient pas dans l'ignorance des souffrances de leurs enfants.
Des séquelles irrémédiables
Après leur hospitalisation, les enfants ont dû réapprendre à s'alimenter normalement, et ont reçu un rattrapage vaccinal. Bien qu'ils aient rattrapé les courbes de croissance, des conséquences psychologiques inexorables persistent : ils n'ont toujours pas acquis la parole et souffrent de troubles de sommeil. "Ils sont dans leur bulle", a remarqué l'intervenante socio-éducative responsable de leur suivi. L'avenir de ces enfants, marqué par des séquelles profondes, reste incertain : "Ça me semble difficile", conclut un expert. La cour continuera d'entendre les témoignages et les faits ce jeudi matin.







