Les récentes vagues de violence xénophobe en Afrique du Sud mettent à mal l’image de ce pays, considéré comme le bastion des valeurs panafricaines. Alors que des ressortissants africains subissent des agressions, des nations comme le Ghana et le Nigeria choisissent de rapatrier leurs citoyens.
Face à cette crise, le gouvernement sud-africain semble perdre le contrôle. Les violences orchestrées par des groupes comme l’opération Dudula ne rencontrent aucune réaction ferme de l’État. Comme l’affirme un article du quotidien burkinabè “Le Pays”, le silence des autorités s'apparente à une forme de complicité.
Lors d'une allocution le 7 juin, le président Cyril Ramaphosa a annoncé son intention d’intensifier les contrôles aux frontières pour sévir contre les migrants en situation irrégulière. Il a cependant mis en garde les Sud-Africains contre la justice parallèle, comme le rapporte le Daily Maverick. En citant : “Seuls les fonctionnaires habilités peuvent intervenir...”, il semble chercher à contenir une situation explosive.
Cependant, sa démarche n’a pas été perçue comme une condamnation des actes xénophobes. À l’approche des élections municipales en novembre, Ramaphosa navigue dans un climat politique tendu, jonglant entre la nécessité d’apaiser les tensions et celle de préserver son parti, le Congrès national africain (ANC).
Des villes comme Johannesburg sont devenues des territoires hostiles pour les migrants, un phénomène qui, selon certains analystes, est largement nourri par l'inaction volontaire du gouvernement. Pour ces experts, le peu de poursuites judiciaires pour les violences xénophobes témoigne d’une indifférence préoccupante.
Détruire la mémoire de l’apartheid
La situation actuelle constitue un affront à l’héritage de Nelson Mandela, qui avait tant œuvré pour l’unité africaine. Alors que d'autres nations abolissent les restrictions aux déplacements, l'Afrique du Sud choisit une voie opposée, aggravant ainsi le sentiment de rejet.
Malgré une population de 3 millions d'étrangers vivant sur son sol et des défis économiques aigus, la chasse aux étrangers ne résoudra pas les problèmes socio-économiques du pays. Les véritables responsables des souffrances économiques demeurent les politiques du gouvernement sud-africain, comme l'indique un rapport de Business Insider Africa.
L'inaction des organisations internationales
Le silence de l’Union africaine et des autres organisations internationales face à cette situation est tout aussi inquiétant. Leur réaction molle face à la xénophobie, alors qu'elles prônent l’intégration, soulève des questions sur leur crédibilité.
Dans le contexte actuel, le gouvernement sud-africain doit agir rapidement pour restaurer sa dignité et prévenir d'éventuelles représailles contre les Sud-Africains à l'étranger. Les pays qui ont choisi de rapatrier leurs ressortissants tout en appelant à la retenue témoignent d'une maturité politique que l'on espère voir aussi de la part de l’Afrique du Sud.







